Volume 78 Number 1 (March 1997)

Articles

'A New Dependency: State, Local Capital, and the Development of New Brunswick's Base Metal Industry, 1960–70'
James L. Kenny (University of New Brunswick/Queen's University)

'The Devil in New France: Jesuit Demonology, 1611–50'
Peter A. Goddard (University of Guelph)

'Notes & Comments'

'The Road to St Petersburg: Canadian-Related Materials in Russian Archives'
George Bolotenko (National Archives of Canada)

Book Reviews

Gregory S. Kealey, Workers & Canadian History. McGill-Queen's University Press 1995.
reviewed by David Montgomery (Yale University)

Sean T. Cadigan, Hope and Deception in Conception Bay: Merchant-Settler Relations in Newfoundland, 1785-1855. University of Toronto Press 1995.
reviewed by David Monod (Wilfrid Laurier University)

Guy Laforest, Trudeau and the End of a Canadian Dream. McGill-Queen's University Press 1995.
reviewed by H. Blair Neatby (Carleton University)

James E. Struthers, The Limits of Affluence: Welfare in Ontario, 1920–1970. University of Toronto Press 1995.
reviewed by Shirley Tillotson (Dalhousie University/University of King's College)

Carl A. Christie, Ocean Bridge: The History of the RAF Ferry Command. University of Toronto Press 1995.
reviewed by Marc Milner (University of New Brunswick)

Dean Beeby, Cargo of Lies: The True Story of a Nazi Double Agent in Canada. University of Toronto Press 1996.
reviewed by Larry Hannant (Victoria, BC)

Robert Choquette, The Oblate Assault on Canada's Northwest. University of Ottawa Press 1995.
reviewed by Jacqueline Gresko (Douglas College)

Robert K. Burkinshaw, Pilgrims in Lotus Land: Protestantism in British Columbia, 1917-1981. McGill-Queen's University Press 1995.
reviewed by Elsie Watts (Queen's University)

Jeremy Mouat, Roaring Days: Rossland's Mines and the History of British Columbia. UBC Press 1995.
reviewed by David Frank (University of New Brunswick)

Bill Waiser, Park Prisoners: The Untold Story of Western Canada's National Parks, 1915–1946. Fifth House 1995.
reviewed by Leslie Bella (Memorial University of Newfoundland)

Abstracts/Résumé

James L. Kenny (University of New Brunswick/Queen's University)
'A New Dependency: State, Local Capital, and the Development of New Brunswick's Base Metal Industry, 1960–70'

This study examines how, during the 1960s, New Brunswick managed the economic opportunity presented by mineral discoveries along the province's poverty-stricken north shore. The provincial Liberal administration of Louis Robichaud tried to expedite development by encouraging the American multinational St Joseph Lead to sell its majority interest in Brunswick Mining and Smelting – which controlled the province's major deposits – to a group of investors that included provincial industrialist K.C. Irving. Although the government hoped that the presence of a local investor would make mineral development more responsive to local needs, it soon became apparent that Irving's legitimacy as a 'native son' and the power and influence of his provincially-based corporate empire put the province in a new dependent relationship. Recognising the importance of the complex to state regional development plans and northern New Brunswickers generally, Irving and his co-investors continually asked the province to underwrite the project's costs. Initially, the government was just as willing as its predecessors to grant concessions to encourage development but, over time, demanded increased corporate accountability. Responding to growing concerns about Irving's management of the project among local residents and an expanding civil service, the province organized a dramatic takeover of Brunswick by Noranda in 1967. The case study suggests that, within the context of private resource development, the modern state can exercise its powers against dominant corporate interests to shape – in a limited way – the development of a new staple. Moreover, it shows that local investment is not always the panacea to economic development in a have-not region.

Résumé [Kenny]
Cette étude se penche sur la façon dont, au cours des années 1960, le Nouveau-Brunswick a géré les ouvertures économiques offertes par les découvertes minières le long de sa côte Nord où sévissait la pauvreté. Le gouvernement provincial libéral de Louis Robichaud a cherché à accélérer le développement en encourageant la multinationale américaine St Joseph Lead à vendre sa participation majoritaire dans la société Brunswick Mining and Smelting – qui avait le monopole sur les plus importants gisements de la province – à un groupe d'investisseurs parmi lesquels se trouvait l'industriel néo-brunswickois K.C. Irving. Bien que le gouvernement espérât que la présence d'un investisseur local rendrait l'exploitation des ressources minières plus réceptives aux besoins locaux, il devint vite évident que la légitimité d'Irving qui s'affichait comme un « fils du pays » ainsi que le pouvoir et l'influence de son empire corporatif basé dans la province placèrent cette dernière dans une nouvelle situation de dépendance. Reconnaissant l'importance du complexe pour les plans provinciaux de développement régional, et pour les Néo-Brunswickois du Nord d'une manière générale, Irving et ses co-investisseurs ne cessèrent de demander à la province de soutenir les coûts du projet. Si le gouvernement se montra au début aussi disposé que ses prédécesseurs à consentir des concessions afin d'encourager le développement, il se mit, à mesure que le temps passait, à exiger de l'entreprise qu'elle lui rende des comptes. En réponse aux inquiétudes croissantes de résidents locaux et de membres toujours plus nombreux de la fonction publique locale au sujet de la gestion du projet par Irving, la province organisa en 1967 une prise de contrôle spectaculaire de Brunswick par Noranda. Cette étude de cas laisse entendre que, dans le cadre de l'exploitation privée des ressources, l'État moderne peut exercer son pouvoir face à de puissants intérêts corporatifs, pour façonner, quoique de façon restreinte, le développement d'une nouvelle ressource. L'étude montre en outre que la participation d'investisseurs locaux n'est pas forcément la panacée au développement économique dans une région démunie.

Peter A. Goddard (University of Guelph)
'The Devil in New France: Jesuit Demonology, 1611–50'

Abstract [Goddard]
Historians and ethnologists assume that Jesuit missionaries deployed an active demonology, or belief in the real presence of the Devil, in their encounter with Algonquian and Iroquoian peoples in the first half of the seventeenth century. Missionaries, who are frequently depicted as medieval and crudely religious in their outlook, are said to have been convinced that the Devil intervened directly and frequently in the lives of these pagan sauvages, and that native religion was in fact 'Devil-worship.' However, an examination of Jesuit demonology in its 17th-century context suggests that it was imbued with doubt and caution. Jesuits, like other European elites, were sceptical of claims of supernatural intervention in the world. Apart from the occasional rhetorical gesture, Jesuits rarely asserted that diabolism played a role in indigenous life or spirituality. Instead, Jesuits tended to explain indigenous spirituality and also native resistance to Christianity in cultural terms: these peoples lacked the structures of any kind of religion, let alone the diabolical variety, and fell victim to their ignorance and their harsh living conditions rather than to the Devil. In exercising a practical scepticism towards the demonic, these Jesuits reflected a growing elite condescension towards 'primitive' peoples, whose lives were characterized by superstition and delusion. Such denigration of native belief, rather than an active demonization, is an important source of the damaging European stereotype of Algonquian and Iroquoian peoples.

Résumé [Goddard]
Les historiens et ethnologues partent du principe que les missionaires jésuites affichaient une véritable démonologie ou croyance en la présence du Diable, lors de leur rencontre avec les Algonquins et les Iroquois dans la première moitié du XVIIe siècle. Les missionnaires, que l'on dépeint fréquemment comme ayant une apparance moyenâgeuse et pratiquant une religion rudimentaire, étaient, à ce que l'on a dit, convaincus de l'intervention directe et fréquente du Diable dans la vie de ces païens sauvages, et du véritable statut de culte satanique de la religion autochtone. Une étude approfondie de la démonologie jésuite dans le contexte dix-septiémiste, laisse cependant croire qu'elle était empreinte de doute et de mises en garde. Comme d'autres élites européennes, les Jésuites étaient scéptiques devant les assertions à l'effet qu'il existât une intervention surnaturelle dans le monde. Mis à part quelques questions de pure forme, les Jésuites affirmaient rarement que le satanisme jouât un rôle dans la vie ou la spiritualité des Autochtones. Ils tendaient plutôt à expliquer cette spiritualité de même que la résistance au christianisme en termes culturels : ces gens étaient dépourvus des bases d'une structure religieuse, à plus forte raison de la variation satanique, et ils vivaient sous l'emprise de l'ignorance et de conditions de vie difficiles plutôt que sous celle du Diable. En manifestant un scepticisme concret envers ce que était démoniaque, les Jésuites reflétaient la condescendance croissante de l'élite face aux peuples « primitifs », dont la vie était caractérisée par la superstition et la mégalomanie. Le fait de dénigrer les croyances autochtones plutôt que de souscrire à un véritable culte du Diable, constitue une source importante du stéréotype européen dégradant à l'égard des Algonquins et des Iroquois.

Notes and Comments

George Bolotenko (National Archives of Canada)
The Road to St Peresburg: Canadian-Related Materials in Russian Archives

Abstract [Bolotenko]
Since its founding, the National (originally Public) Archives of Canada has sought to acquire from abroad copies of records germane to Canadian history. Its copy efforts largely concentrated on fonds held in the archival repositories of European countries of the Atlantic littoral. The demise of the Soviet Union, along with former Soviet secretiveness, opened Russian archives in 1989-1991 on a scale theretofore unimaginable. The National Archives seized the moment to acquire microfilm copies of several fonds of unique and historically significant material from Russian archives, dealing with the Mackenzie-Papineau Battalion and the Communist Party of Canada in its relationship with the Comintern. However, what the National Archives has managed to bring out is only a minuscule portion in the context of what remains in Russian archives. This article attempts to inform Canadian historians, political scientists, economists and members of other disciplines of the stunning wealth of largely virginal archival information in Russian repositories awaiting recovery by Canadian researchers. The reader will notice that, while some of the archival records described deal with Russo-Canadian relations, others address Canadian or Canadian-related issues in their own right. Hopefully, others will find ways to continue the work begun by the National Archives in the recovery of Canadian-interest archival material located in Russian archives.

Résumé [Bolotenko]
Depuis leur création, les Archives nationales (dites à l'origine « publiques ») du Canada ont cherché à acquérir de l'étranger des copies de documents reliés à l'histoire du Canada. Ces efforts ont largement porté sur des fonds conservés dans les magasins d'archives des pays européens bordant l'océan Atlantique. L'effondrement de l'Union Soviétique, de même que celui de son esprit cachottier, ouvrirent les archives russes de 1989 à 1991 à une échelle jusque-là impensable. Les Archives nationales saisirent l'occasion pour acquérir des archives russes des copies microfilm de plusieurs fonds renfermant des documents uniques et d'une grande portée historique, ayant trait au Bataillon Mackenzie-Papineau et au Parti Communiste du Canada en rapport avec le Komintern. Ce que les Archives nationales ont réussi à extraire ne constitue néanmoins qu'une infime partie de ce qui reste dans les archives russes. Cet article tente d'informer les historiens, politicologues, économistes et membres canadiens d'autres disciplines de la véritable mine de documents d'archives pratiquement vierges qui se trouvent dans les magasins russes et n'attendent que d'être découverts par des chercheurs canadiens. Les lecteurs noteront que, si certains des documents décrits traitent des relations russo-canadiennes, d'autres explorent des questions carrément canadiennes ou ayant un rapport avec le Canada. Il reste à espérer que l'on trouvera le moyen de poursuivre le travail commencé par les Archives nationales dans la récupération des documents d'archives d'intérêt canadien situés dans les archives russes.

 


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