Vol. 40, No. 3 Sept./sep. 1995

L'accord du participe passé dans les langues romanes: une approche morphosyntaxique
Paul Bessler

Aspect Licensing in Serbo-Croatian
Snezana Milovanivic

De la nécessité des positions vides dans les représentations syllabiques du gen
Emmanuel Nikiema

Reviews

A Grammar of the Kabardian Language (John Colarusso)
Bernard Comrie

A-Morphous Morphology (Stephen R.Anderson)
Jurgen Klausenburger

Formal Semantics: An Introduction (Ronnie Cann)
Philippe Kreutz

A-Morphous Morphology (Stephen R.Anderson)
Pierre Larrivée

Grammaticalization (Paul J.Hopper and Elizabeth Closs Traugott)
Rochelle Lieber

Language Death: Factual and Theoretical Explorations with Special Reference to East Africa (Matthias Brenzinger, ed.)
Raymond Mougeon

French Today: Language in its Social Context (Carol Sanders, ed.)
Marc Picard

L'accord du participe passé dans les langues romanes: une approche morphosyntaxique
Paul Bessler, University of Toronto

The aim of this article is to present a unified analysis of Romance past participle agreement. Data from 19 standard and non-standard Romance varieties are considered. It is shown that in order to account for the variation found across the various Romance varieties, past participle agreement should not be considered as following simply from another module of the grammar, such as Case Theory, co-indexation or the theory of functional categories, but should rather be considered from the point of view of a general theory of grammatical agreement. It is also shown that past participle agreement must be treated as an example of nominal-modifier agreement rather than as an example of verb-argument agreement.

Cet article a pour but de présenter une analyse unifiée de l'accord du participe passé dans les langues romanes. Des données de 19 variétés romanes standard et non-standard sont considérées. Il est démontré que pour rendre compte de la variation qui existe à travers ces diverses variétés, il faut considérer l'accord du participe passé non pas comme un phénomène qui découle simplement d'une autre composante de la grammaire, comme la théorie des Cas, la co-indexation ou la théorie des catégories fonctionnelles, mais plutôt du point de vue d'une théorie générale de l'accord grammatical. Il est aussi démontré que l'accord du participe passé doit être conçu non pas comme un exemple d'accord verbe-argument, mais plutôt comme un exemple d'accord nominal-modifieur.

Aspect Licensing in Serbo-Croatian
Snezana Milovanovic, Memorial University of Newfoundland

In this article, it is argued that perfective aspect in Serbo-Croatian is licensed in the syntax. Licensing of Aspect requires the presence of a hierarchically higher category. In compound tenses, perfective aspect is licensed by a governing auxiliary in Infl while, in the present tense forms, it may only be licensed by an overt complementizer in Comp. A Comp-Aspect Agreement mechanism is proposed based on the requirement for licensing in the present tense forms. This agreement also obtains between a covert complementizer and perfective aspect in imperative constructions (perfective imperatives move to an empty Comp position to satisfy the Aspect licensing requirement) and between an overt complementizer and the auxiliaries in compound tenses (auxiliaries move to an empty Comp to satisfy the Tense licensing requirement). Although Tense may be licensed by any governor in root sentences, the presence of an overt complementizer, which is a hierarchically higher category, takes precedence for licensing in embedded sentences.

Dans cet article, il est démontré que l'aspect perfectif en serbo-croate est légitimé en syntaxe. La légitimation de l'aspect requiert la présence d'une catégorie hiérarchiquement supérieure. Dans les temps composés, l'aspect perfectif est légitimé par la présence d'un auxiliaire dans Infl tandis que dans les formes du présent, il ne peut être légitimé que par la présence d'un complémenteur lexical dans Comp. Un mécanisme d'accord Comp-Aspect est proposè pour rendre compte de la condition de légitimation des formes du prèsent. Cet accord se produit ègalement entre un complémenteur non-réalisé lexicalement et l'aspect perfectif dans les constructions impératives (les impératifs perfectifs se déplacent sous Comp pour satisfaire la condition de légitimation de l'aspect) ainsi qu'entre un complémenteur lexical et les auxiliaires dans les temps composés (les auxiliaires se déplacent sous Comp pour satisfaire la condition de légitimation du temps). Quoique n'importe quel gouverneur peut légitimer le temps dans les phrases racines, un complémenteur lexical, qui constitue une catégorie hiérarchiquement supérieure, a préséance sur les autres gouverneurs pour la légitimation dans les phrases enchâssées.

De la nécessité des positions vides dans les représentations syllabiques du gen
Emmanuel Nikiema, University of Toronto

The introduction of empty nuclear positions in syllable structure goes back to the early 80s. Since then, empty nuclei have been proposed in phonological analyses to account for vocalic epenthesis (vowel/ø alternation). The analysis of Gen put forth in this article argues for empty nuclei although no vowel/ø alternation can be observed in the language. Nevertheless, on the basis of the tonal patterns of Gen, it is shown that empty positions must be part of the underlying representation of syllables in the language. Another aspect of the study deals with consonant clusters. Thus far, all analyses supporting empty positions within a cluster have also referred to the absence of cooccurrence restrictions among the consonants surrounding the empty vowel. This paper provides new insights since, in Gen, the consonant clusters in which empty nuclei are proposed are typical of those observed in branching onset languages (like French, Italian and English) or in languages having light diphthongs. We argue that all attested consonant clusters in Gen are heterosyllabic.

Depuis le début des années 80 plusieurs études phonologiquesont montrè la nécessité d'introduire des positions vides dans les reprèsentations syllabiques. Le point commun à tous ces travaux est leur utilisation des positions vides pour rendre compte de cas d'alternance voyelle/\ts\eset, c'est-à-dire des cas d'èpenthè se vocalique. L'analyse du gen prèsentèe dans cet article est particuliè re en ce sens que les positions vides postulèes n'alternent jamais, en surface, avec une voyelle. Toutefois, l'ètude du systè me tonal de la langue amè ne inèluctablement à postuler des positions vides malgrè l'absence d'èpenthè se. Par ailleurs, les arguments avancès jusqu'à prèsent en faveur des positions vides font rèfèrence au fait que les suites de consonnes que l'on trouve de part et d'autre de la position vide semblent être alèatoires. Ces suites ne sauraient donc être analysèes en attaques branchantes puisque ces derniè res sont toujours contraintes. L'article jette un nouvel èclairage sur les contraintes de cooccurrence puisque, en gen, la plupart des structures avec positions vides coìncident avec les suites qui sont typiques des attaques branchantes ou des diphtongues lègè res.

 

 


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