Vol. 42,
No.1-2 March--June/mars--juin 1997
Articles
Topics
in Celtic Syntax: Introduction
Eithne
Guilfoyle, Guest Editor
VSO
Order and Weak Pronouns in Goidelic Celtic
David Adger
Mutation
and Case in Welsh
Robert D. Borsley
Two
Types of Non-Verbal Predication in Modern Irish
Andrew Carnie
Configuring
Mutation in Irish
Nigel Duffield
Functional
Architecture and Wh-Movement: Irish as a Case in Point
Máire B. Noonan
The
Syntax of Direct Object Mutation in Welsh
Ian Roberts
Long
Head Movement and Information Packaging in Breton
Robin J. Schafer
Infinitival
Clauses in Breton
Maggie Tallerman
Reviews/Comptes
Rendus
A Reverse
Dictionary of Modern Irish (Doyle and Gussmann)
ANDREW CARNIE
The Syntax
of the Celtic Languages: A Comparative Perspective (Borsley and
Roberts, eds.)
MÁIRE B. NOONAN
Abstracts/Résumés
Books
Received/Livres Reçus
VSO
Order and Weak Pronouns in Goidelic Celtic
David Adger, University of York
This article
examines the placement of weak pronominal objects in Goidelic Celtic.
These elements appear in a far-right position in the clause, in spite
of their prosodic lightness. Previous analyses have put this phenomenon
down to either a language and construction specific rule, or to a
side effect of clausal organisation. The article examines the most
articulated current version of the latter option, shows how it suffers
from serious empirical and conceptual problems and develops in its
place an approach in which the pronouns remain internal to the verb
phrase with their precise position determined by prosodic factors.
This collapses the surprising behaviour of weak pronouns in Goidelic
with that of weak pronouns in Germanic. The apparent differences in
the positioning of pronouns between the two language families derive
from independent aspects of clausal architecture. The new approach
uses a much less articulated clausal structure but an enriched view
of the syntax-prosody interface.
Cet article
examine le placement des pronoms faibles en celtique goedelique. Ces
éléments apparaissent dans une position éloignée
dans la partie droite de la phrase en dépit de leur manque
de poids prosodique. Les analyses précédentes ont considéré
ce phénomène comme spécifique à la langue
et à la construction en question ou bien comme un effet secondaire
attribuable à l'architecture phrastique. Cet article examine
la version courante la plus articulée de cette dernière
option, met en lumière ses importants défauts empiriques
et conceptuels et développe plutôt une approche qui maintient
que les pronoms demeurent dans une position interne au VP, leur positionnement
précis étant déterminé par des facteurs
prosodiques. Cette approche réduit le comportement surprenant
des pronoms faibles en goedelique à celui des pronoms faibles
dans les langues germaniques. Les différences apparentes entre
les deux familles de langues sont dues à des différences
indépendantes d'architecture phrastique. Cette nouvelle approche
fait appel à une architecture phrastique beaucoup moins articulée
et à une version enrichie de l'interface entre la syntaxe et
la prosodie.
Mutation
and Case in Welsh
Robert D. Borsley, University of Wales, Bangor
The most common
mutation system of Welsh, soft mutation, affects among other elements
the object of a finite verb. This is often known as direct object
mutation (DOM). Objects have accusative Case in many languages. Hence,
it is natural to consider the possibility that DOM is a manifestation
of accusative Case, and this has been proposed by a number of people.
There is evidence, however, that this idea is both too strong and
too weak. It predicts soft mutation where it does not in fact occur,
and there are a number of instances of soft mutation which appear
to form a natural class with DOM but cannot plausibly be analyzed
as a manifestation of accusative Case. A widely discussed alternative
to a Case-based view of DOM is one in which DOM is triggered by a
preceding phrase of some kind. This approach looks quite promising.
However, it does not fit readily into the Principles and Parameters
framework. It seems, then, that DOM poses a major challenge for this
framework.
Le système
de mutation le plus répandu du gallois affecte, entre autres
éléments, l'objet de verbes à temps fini et est
ainsi souvent appelé la mutation de l'objet direct (MOD). Puisque
les objects directs portent normalement le Cas accusatif, il semble
naturel de considérer que MOD est une manifestation du Cas
accusatif, comme l'ont proposé plusieurs auteurs. Il existe
cependant des indications que cette hypothèse est à
la fois trop forte et trop faible. En effet, cette hypothèse
prédit que la mutation devrait se produire dans certains contextes
où elle n'a pas lieu. Par ailleurs, il existe un certain nombre
de cas de mutation qui paraissent former une classe naturelle avec
MOD mais qui ne peuvent pas être analysés comme des manifestations
du Cas accusatif. Une hypothèse concurrente largement discutée
propose que MOD est déclenchée par la présence
d'un syntagme précédent d'un certain type. Quoique cette
approche semble prometteuse, elle n'est pas conforme à la théorie
des principes et paramètres. Il semble donc que MOD constitue
un défi important pour cette approche.
Two
Types of Non-Verbal Predication in Modern Irish
Andrew Carnie, Harvard University
The number
of copular constructions found with non-verbal predicates in Universal
Grammar has recently been a matter of some controversy. Traditional
theories have claimed that there are two constructions: an equative
with two argument NPs and predicative with a
single argument and a non-verbal predicate. Recently this bifurcation
has been challenged by authors who claim that equative constructions
show asymmetries similar to those found in predicatives, and that
these asymmetries are due to a simple subject/predicate distinction.
They claim that there is a single predicative copular construction
in natural language. In this article, syntactic evidence for the traditional
semantic division between equatives and predicatives is provided.
It is shown that in Modern Irish, there are two word orders corresponding
to the equative/predicative split and these two have distinct syntactic
and semantic properties. Further, it is also shown that the asymmetries
used to argue for a single copular construction are due to simple
structural conditions rather than a subject/predicate split.
Le nombre de
constructions copulatives que l'on peut retrouver avec des prédicats
non-verbaux a récemment fait l'objet de controverse. Les approches
traditionnelles soutiennent qu'il existe deux constructions copulatives
: une construction équative avec deux syntagmes nominaux
arguments et une construction prédicative avec
un seul argument et un prédicat non-verbal. Récemment,
plusieurs auteurs ont remis en cause cette opposition en argumentant
que les constructions équatives manifestent des asymétries
semblables à celles des constructions prédicatives,
que ces asymétries sont dues à une simple distinction
sujet/prédicat, et qu'il n'existerait donc qu'une seule construction
copulative dans les langues naturelles : la construction prédicative.
Cet article présente des arguments syntaxiques en faveur de
la division sémantique traditionnelle entre les équatives
et les prédicatives. Il est montré qu'en irlandais moderne,
deux ordres de mots distincts correspondent à la division équative/prédicative
et que ces deux constructions possèdent des propriétés
syntaxiques et sémantiques distinctes. De plus, il est aussi
démontré que les asymétries utilisées
comme argument en faveur d'une unique construction copulative sont
dues à de simples conditions structurales plutôt qu'à
une division sujet/prédicat.
Configuring
Mutation in Irish
Nigel Duffield, McGill University
This article
offers a unified syntactic treatment of initial mutation in Modern
Irish, one of the best-known characteristics of that language. Both
types of consonant mutation, as well as the less-studied mutations
affecting vowels, are discussed. It is proposed that the appearance
of initial mutation is a function of particular structural configurations:
mutation is triggered by lexicalized functional heads. It is shown
how this analysis applies in three syntactic contexts: before clausal
predicates; within noun phrases; and following prepositions. Special
attention is given to the problem raised by exceptional forms, and,
in particular, to the problem of variable constraints on "spreading"
(whereby mutation spreads to following modifiers only in certain instances).
Cet article
propose une analyse unifiée des deux types de mutations consonantiques,
de même que des cas moins étudiés de mutations
vocaliques, en irlandais moderne. Il est proposé que l'occurrence
de mutation initiale est liée à certaines configurations
structurales particulières : la mutation affecte les éléments
situés dans le domaine d'une tête fonctionnelle lexicalisée.
Cette analyse s'applique dans trois contextes syntaxiques : avant
le prédicat à l'intérieur de la projection phrastique,
à l'intérieur des syntagmes nominaux, et après
préposition. Une attention particulière est accordée
au problème soulevé par certaines formes exceptionnelles,
surtout en ce qui a trait au problème des contraintes variables
sur la propagation de la mutation aux adjectifs post-nominaux.
Functional
Architecture and Wh-Movement: Irish as a Case in Point
Máire B. Noonan, Université du Québec à
Montréal and Massachusetts Institute of Technology
This article
sketches a novel approach to the phenomenon traditionally referred
to as complementizer variation in Irish, and provides an alternative
analysis to the standard one proposed by McCloskey (1990). It is argued
that the two variants of the particle surfacing in barA-constructions
are not in fact complementizers per se, but the head of a Focus projection
(FP), whose specifier provides an escape hatch for wh-phrases. FP
interacts with C in two different ways, and depending on which of
the options apply, F surfaces in two variants: (i) F incorporates
to C, or (ii) FP raises to [Spec, CP]. The particle traditionally
analysed as a resumptive strategy complementizer constitutes a case
of (i), and the one traditionally analysed as a movement strategy
complementizer is a case of (ii). It is shown how this approach avoids
some serious empirical problems posed by the previous analysis of
the phenomenon. It is furthermore argued that the process underlying
successive cyclic wh-movement in fact involves covert successive pied-piping
of CPs, where covert pied-piping is understood as overt pied-piping
of the features of CP.
Cet article
discute du phénomène de la variation du complémenteur
en irlandais et propose une nouvelle approche à ce phénomène,
distincte de l'analyse standard de McCloskey (1990). Il est proposé
que les deux variantes morphologiques des particules apparaissant
dans les constructions-A-barre ne sont pas des complémenteurs
mais plutôt des réalisations de la tête d'une projection
Focus (FP) dont le spécifieur fournit une position par laquelle
les syntagmes-qu peuvent transiter. Cette projection FP interagit
avec le noeud C de deux façons différentes, ce qui donne
lieu aux variantes observées : ou bien (i) F s'incorpore à
C, ou bien (ii) FP se déplace vers [Spec, CP]. La particule
traditionnellement analysée comme le complémenteur de
«stratégie résomptive» correspond à
l'option (i). Celle qui est normalement analysée comme le complémenteur
«de mouvement» correspond au cas (ii). Cette approche
évite de sérieux problèmes empiriques qui affaiblissent
l'analyse standard. De plus, il est démontré que le
processus qui sous-tend le déplacement de syntagmes-qu par
cyclicité successive se réduit en fait à une
succession de mouvement cachés de CP (par «pied-piping»),
ou, en d'autres termes, à des mouvements visibles des traits
de CP sujets au «pied-piping».
The
Syntax of Direct Object Mutation in Welsh
Ian Roberts, University of Stuttgart
The central
hypothesis of this article is that Welsh direct object mutation
the only instance of mutation in the Celtic languages not triggered
by a specific lexical item is the PF-realisation of AgrO's
accusative Case as the floating lenition-triggering phonological feature
L (cf. Lieber 1983 and Zwicky 1984). The analysis proposed in this
article is an empirically adquate analysis of initial consonant mutation
in Welsh, which fully integrates direct object mutation with other
cases of mutation, relates mutation to phonosyntactic processes found
in other languages, notably Southern Italian /u/-propagation (Rizzi
and Savoia 1991) and French liaison (Manzini 1983), and fits naturally
into a non-checking-theoretic conception of Parametric Variation of
the sort outlined in Roberts and Roussou (1997a).
L'hypothèse
centrale de cet article est que la mutation de l'objet direct en gallois
le seul exemple d'une mutation dans les langues celtiques qui
n'est pas déclenchée par un item lexical donné
est la réalisation en Forme Phonologique du Cas accusatif
d'AgrO comme le trait autosegmental L qui déclenche la mutation
(cf. Lieber 1983 et Zwicky 1984). L'analyse proposée dans cet
article est une analyse empiriquement adéquate de la mutation
en gallois, qui intègre la mutation des objets directs avec
les autres cas de mutation, qui relie la mutation aux processus phonosyntaxiques
observés dans d'autres langues (notamment la propagation du
/u/ dans les dialectes italiens méridionaux (Rizzi et Savoia
1991) et la liaison en français (Manzini 1983)), et qui s'intègre
bien dans une conception de la variation paramétrique du type
élaboré dans Roberts et Roussou (1997a), qui se passe
de la théorie de la vérification des traits.
Long
Head Movement and Information Packaging in Breton
Robin J. Schafer, University of Massachusetts, Amherst
This article
explores long head movement configurations in Breton. Its purpose
is twofold. First it contributes to existing work by demonstrating
that Breton long head movement is motivated by information structure.
The operation of general economy principles, made sensitive to information
structure, determines many of the properties of the Breton construction.
Secondly, it is argued that the derivation of the Breton construction
does not involve movement per se; minimality conditions on movement
are not central to the derivation. Instead, the remaining properties
of the construction are attributed to a semantic property of tense-aspect
markers which is represented at the LF interface. This work bears
on the issue of how to model the interpretive dependency between auxiliaries
and main verbs and raises questions concerning the interaction between
the stylistic component, information structure, and the LF interface.
Cet article,
qui examine les configurations à mouvement de tête à
distance en breton, poursuit deux buts principaux. Premièrement,
il contribue aux travaux existants en démontrant que le mouvement
de tête à distance du breton est motivé par la
structure de l'information. L'opération de principes généraux
d'économie, rendus sensibles à la structure de l'information,
détermine plusieurs des propriétés de la construction
en breton. Deuxièmement, il est argumenté que la dérivation
de la construction en breton n'implique pas nécessairement
un déplacement; les conditions de minimalité sur le
mouvement ne sont pas essentielles à cette dérivation.
Les autres propriétés de la construction sont plutôt
attribuées à une propriété sémantique
des marqueurs de temps et aspect représentée à
l'interface de la Forme Logique. Cette étude porte sur la question
de la représentation de la dépendance d'interprétation
des auxiliaires et des verbes principaux et soulève des questions
par rapport à l'interaction entre la composante stylistique,
l'information de la structure et l'interface de la Forme Logique.
Infinitival
Clauses in Breton
Maggie Tallerman, University of Durham
In Breton,
lexical subjects occur both in finite clauses and infinitival clauses.
Within the Principles and Parameters model, the question arises as
to how infinitival subjects can be Case-licensed, since the finite
Tense element associated with Case-licensing in finite clauses is
absent from infinitival clauses. Infinitival subjects are, however,
preceded by some prepositional element, and previous accounts have
proposed that these are Case-markers, assigning abstract Case to the
subjects. However, prepositional elements also occur in controlled
infinitival clauses which have the null subject PRO
yet lexical subjects and PRO are not interchangeable. In this article,
it is proposed that the crucial property associated with the Case-licensing
of lexical subjects in all Breton clause types is subject agreement.
This occurs not only on finite verbs, but also on the prepositional
elements in infinitival clauses, which are sometimes complementizers
and sometimes AgrSP heads. Clauses containing PRO, however, lack subject
agreement, and hence cannot license lexical subjects.
En breton,
les sujets lexicaux apparaissent non seulement dans les phrases à
temps fini mais aussi dans les infinitives. Dans le cadre du modèle
des Principes et Paramètres, la présence de sujets lexicaux
dans les infinitives soulève la question de la légitimation
casuelle de ceux-ci puisque l'élément Temps fini dont
dépend la légitimation casuelle dans les phrases à
temps fini est absent dans les infinitives. Les sujets des infinitives
sont cependant précédés d'un élément
prépositionnel, et des analyses précédentes ont
proposé que ces éléments sont des marqueurs casuels
qui assignent un cas abstrait aux sujets. Toutefois, ces éléments
prépositionnels sont aussi présents dans des infinitives
à contrôle où l'on retrouve le sujet nul
PRO malgré que les sujets lexicaux et PRO ne sont pas
interchangeables. Il est proposé que la propriété
qui permet la légitimation casuelle des sujets lexicaux dans
tous les types de phrases du breton est l'accord avec le sujet. Cet
accord se produit non seulement avec les verbes à temps fini
mais aussi avec les éléments prépositionnels
dans les infinitives, qui sont parfois des complémenteurs et
parfois des têtes de AgrSP. Les phrases qui contiennent le sujet
nul PRO, cependant, ne présentent pas cet accord avec le sujet
et ainsi ne peuvent pas légitimer des sujets lexicaux.