48(3/4)
: 139-452
Sept.-Dec./sep.-déc
2003
Articles
Learning
to Parse Second Language Consonant Clusters
John
Archibald
Asymmetries
in the Acquisition of Consonant Clusters in Spanish
Jessica
A. Barlow
Truncation
to Subminimal Words in Early French
Katherine
Demuth and Mark Johnson
Missing
Inflection in L2 Acquisition: Defective Syntax or L1-Constrained
Prosodic Representations?
Heather
Goad, Lydia White, and Jeffrey Steele
Variable
and Stable Clusters: Variation in the Realisation of Consonant Clusters
Wenckje
Jongstra
A
Phonological Analysis of Schwa in German First Language Acquisition
Margaret
Kehoe and Conxita Lleó
Markedness
and Context Effects in the Acquisition of Place Features
Michele
L. Morrisette, Daniel A. Dinnsen, and Judith A. Gierut
The
Development of Lexical Pitch Accent Systems: An Autosegmental Analysis
Mitsuhiko
Ota
Direction
of Assimilation in Child Consonant Harmony
Joe
Pater and Adam Werle
Place
Specification and Segmental Distribution in the Acquisition of Word-Final
Consonant Syllabification
Yvan
Rose
Abstracts/Résumés
Learning
to Parse Second Language Consonant Clusters
John
Archibald, University of Calgary
In
this article, a number of broad questions related to the acquisition
of consonant clusters in a second language are investigated. Drawing
on the structural relations and phonological principles of Government
Phonology, it is argued that the behaviour of second language learners
can be accounted for by a top-down, left-to-right phonological parser.
Appealing to a model of cognitive architecture, it is demonstrated
that one can account for the different behaviours of speakers of
languages that share the trait of lacking tautosyllabic clusters
(Korean and Finnish) when learning a language which allows such
clusters (English). Properties of the L1 segmental inventory and
a licensing strength scale are proposed to explain why Finnish learners
have less trouble than Korean learners when acquiring English clusters.
Cet
article aborde certaines questions générales relatives
à l'acquisition de groupes consonantiques en langue seconde.
Sur la base des relations structurelles et des principes phonologiques
de la théorie du gouvernement, il y est soutenu que le comportement
des apprenants en langue seconde peut s'expliquer par l'entremise
d'un analyseur phonologique opérant de haut en bas et de
gauche à droite. En faisant appel à un modèle
d'architecture cognitive, il est possible de rendre compte des comportements
divergents d'apprenants ayant en commun l'absence de groupes tautosyllabiques
dans leur langue maternelle (le coréen et le finnois) lors
de l'apprentissage d'une langue qui possède de tels groupes
(l'anglais). Les propriétés de l'inventaire segmental
de la L1 de même qu'une échelle de pouvoir de légitimation
sont invoquées pour expliquer pourquoi les locuteurs du finnois
ont moins de difficulté que les locuteurs du coréen
à acquérir les groupes consonantiques de l'anglais.
Asymmetries
in the Acquisition of Consonant Clusters in Spanish
Jessica
A. Barlow, San Diego State University
This
article considers three children's acquisition of tauto- and heterosyllabic
consonant clusters in Spanish within the framework of Optimality
Theory. Each child presents with a unique phonological system with
respect to the cluster types. One child, BL4 (female, aged 2;8),
reduces tautosyllabic clusters to the least sonorous singleton,
but preserves both segments in production of heterosyllabic clusters.
A second child, SD1 (female, aged 3;4), preserves both segments
of tautosyllabic clusters, but reduces heterosyllabic clusters to
the least sonorous singleton. Finally, a third child, SD2 (female,
3;9), reduces both types of clusters, maintaining the least sonorous
segment; however, a different pattern is observed with the nasal
+ voiced stop clusters, which reduce to the most sonorous segment.
The inter- and intra-child variation is accounted for by an appeal
to general markedness and faithfulness constraints that have been
motivated elsewhere in the literature in accounting for syllabic
and segmental phenomena in acquisition and beyond.
Cet
article se penche sur l'acquisition de groupes consonantiques tautosyllabiques
et hétérosyllabiques de l'espagnol chez trois enfants,
et ce dans le cadre de la théorie de l'optimalité.
Chaque enfant présente un système phonologique particulier
relativement à ces types de regroupements. Un des enfants,
BL4 (fille, 2;8), réduit les groupes tautosyllabiques en
ne prononçant que la consonne la moins sonore, mais conserve
les deux segments lors de la production des groupes hétérosyllabiques.
Un autre enfant, SD1 (fille, 3;4), conserve les deux segments des
groupes tautosyllabiques, mais réduit les groupes hétérosyllabiques
à leur consonne la moins sonore. Enfin, le troisième
enfant, SD2 (fille, 3;9), réduit les deux types de groupes
au segment le moins sonore; on remarque cependant un patron différent
en ce qui concerne les groupes nasale + occlusive voisée,
qui sont réduits au segment le plus sonore. La variation
observée pour chacun des enfants et entre les enfants est
expliquée par des contraintes générales de
marque et de préservation, lesquelles ont auparavant été
motivées par l'explication, entre autres, de phénomènes
syllabiques et segmentaux en acquisition et dans les langues adultes.
Truncation
to Subminimal Words in Early French
Katherine
Demuth and Mark Johnson, Brown University
It
has commonly been proposed that there is a stage in development
where children's early productions are binary feet, or minimal words.
However, the present study of a French-speaking child (1;1-1;8)
finds an extended period where both CVC and disyllabic target words
are truncated to CV after initially being produced as reduplicated
CiVCiV forms. That is, the child appears to regress, failing to
produce disyllabic forms that could be produced earlier. This article
proposes an explanation for this apparent regression in terms of
segmental-prosodic constraint interaction, where the child's limited
segmental inventory, in conjunction with the high frequency of CV
lexical items in everyday French, conspire to yield subminimal truncations
as ``optimal'' at this stage in development. These findings provide
support for a growing body of literature showing the importance
of both constraint interaction and frequency effects in early production,
arguing for a more probabilistic approach to theories of language
learning.
Plusieurs
chercheurs ont proposé l'existence d'un stade d'acquisition
pendant lequel les productions chez les enfants ont la forme non
marquée d'un pied binaire (mots minimaux). Cependant, la
présente étude d'un enfant de langue maternelle française
(1;1-1;8) révèle une période prolongée
où les mots cibles CVC et disyllabiques sont réduits
(en formes CV) après avoir été produits comme
des formes rédupliquées (CiVCiV). Des analyses plus
précises suggèrent que ces troncations résultant
en des formes sous-minimales peuvent être expliquées:
les interactions de contraintes segmentales et prosodiques, l'inventaire
de phonèmes limité de l'enfant et la haute fréquence
des mots lexicaux CV en français font en sorte que ces troncations
sous-minimales soient optimales à ce stade de développement.
Ces résultats sont en accord avec la documentation grandissante
montrant l'importance des effets de fréquence dans les stades
précoces de la production chez l'enfant et soutiennent une
approche probabilistique des théories d'acquisition du langage.
Missing
Inflection in L2 Acquisition: Defective Syntax or L1-Constrained
Prosodic Representations?
Heather
Goad, McGill University
Lydia White, McGill University
Jeffrey Steele, University of Toronto
It is proposed that failure to consistently produce inflectional
morphology by Mandarin-speaking learners of English is due to properties
of the L1 prosodic phonology which are transferred into the interlanguage
grammar. While English requires inflection to be adjoined to the
Prosodic Word, Mandarin does not permit this structure. Inflection
in Mandarin is instead incorporated into the PWd of the stem to
which it attaches. It is shown that Mandarin speakers fall into
two groups in their treatment of English inflectional morphology.
One group of learners is sensitive to the need for a unified analysis
of inflection. They recognize that English does not permit a stem-internal
analysis of this morphology, but as their grammars do not permit
adjunction, inflection is deleted across-the-board. For the other
group, inflection surfaces variably, for those stimuli where the
shape of the stem enables it to be incorporated into the PWd, as
in the L1.
Il
est proposé que l'incapacité pour les locuteurs du
mandarin de produire systématiquement la morphologie flexionnelle
de l'anglais est due aux propriétés de la phonologie
prosodique de la L1 qui sont transférées dans la grammaire
interlangue. Alors que la flexion doit être adjointe au mot
prosodique en anglais, le mandarin ne permet pas cette structure.
La flexion du mandarin est plutôt incorporée dans le
mot prosodique du radical auquel elle s'attache. Il est montré
que les locuteurs du mandarin se divisent en deux groupes selon
leur traitement de la morphologie flexionnelle de l'anglais. Un
groupe d'apprenants est sensible à la nécessité
d'une analyse unifiée de la flexion. Ils reconnaissent que
l'anglais ne permet pas une analyse de la morphologie flexionnelle
à l'intérieur du radical, mais comme leur grammaire
ne permet pas l'adjonction, la flexion est simplement supprimée.
Pour l'autre groupe, la flexion fait surface de façon variable;
elle est réalisée lorsque la forme du radical lui
permet d'être incorporée dans le mot prosodique comme
dans la L1.
Variable
and Stable Clusters: Variation in the Realisation of Consonant Clusters
Wenckje
Jongstra, University of Toronto
This
article reports on between-individual and within-individual variation
in consonant cluster reduction strategies (where C1C2 is realised
as C1 or C2) among young children. The empirical base of the study
is a Dutch database with over 9,000 instances of C1 and C2 realisations
of 23 word-initial consonant clusters from 45 children aged between
two and three years old. The study finds that within-child variation
is very limited, whereas between-child variation occurs. It is also
shown that there are typological implications; that is, realising
C2 in cluster x implies realising C2 in cluster y, but not vice
versa. The data provide support for the position that variation
can be accounted for by a finer grained notion of sonority where
the sonority distance between the two consonants in a cluster plays
a crucial role in establishing prosodic constituency.
Cet
article traite de la variation individuelle et entre les enfants
en ce qui concerne les stratégies de réduction des
groupes consonantiques (où C1C2 est réduit à
C1 ou C2). L'assise empirique de cette étude consiste en
une base de données en néerlandais comportant plus
de 9000 occurrences de C1 et C2, apparaissant dans 23 groupes consonantiques
initiaux produits par 45 enfants âgés entre deux et
trois ans. L'étude révèle une variation individuelle
minime, mais une variation entre enfants notable. En outre, des
implications typologiques s'en dégagent: la réalisation
de C2 dans le groupe x l'implique également dans le groupe
y, mais non l'inverse. Les données appuient l'hypothèse
que la variation pourrait être expliquée par un raffinement
de la notion de sonorité où l'écart de sonorité
entre deux consonnes d'un groupe jouerait un rôle prépondérant
dans l'établissement de la prosodie et de ses constituants.
A
Phonological Analysis of Schwa in German First Language Acquisition
Margaret
Kehoe and Conxita Lleó, University of Hamburg
In
this article, two approaches to schwa representation are evaluated
using data from four German children (aged 1;3 to 3;1). The first,
the No Mora account, claims that schwa is segmentally but not prosodically
specified, whereas the second, the Projection account, proposes
that schwa is prosodically but only minimally segmentally specified,
as [-cons]. The data reveal several stages in acquisition: an early
phase characterised by vowel reduplication or deletion; a middle
phase characterised by production of a full vowel (and consonant);
and a final phase characterised by production of a central vowel,
schwa, or syllabic consonant. In addition, the data show that children
produce syllabic consonants earlier than schwa, and that they often
produce filler schwas even when they substitute target schwas with
full vowels. It is argued that these findings, in particular the
different timeline observed for schwa versus syllabic consonants
and the presence of filler schwas, can be best accounted for by
the Projection account.
Dans
cet article, deux approches pour la représentation du schwa
sont évaluées à l'aide de données provenant
d'enfants germanophones (1;3 à 3;1). La première approche,
dite «sans more», stipule pour le schwa une spécification
segmentale, mais non prosodique; la seconde, dite «de la projection»,
avance que le schwa est spécifié au plan prosodique,
mais qu'il ne l'est que minimalement pour le trait [-cons] au niveau
segmental. Les données révèlent plusieurs stades
d'acquisition: une première phase caractérisée
par le redoublement ou l'effacement de la voyelle; une phase intermédiaire
où l'on constate la production d'une voyelle pleine (et une
consonne); enfin, une dernière phase où la voyelle
centrale, le schwa, et les consonnes syllabiques sont produites.
De plus, les données montrent que les consonnes syllabiques
sont acquises avant le schwa, et que les enfants produisent souvent
des schwas épenthétiques même lorsqu'ils produisent
des voyelles pleines en lieu et place du schwa. Il est proposé
que ces constatations, notamment la différence dans le moment
d'émergence du schwa et des consonnes syllabiques de même
que la présence de schwas épenthétiques, soutiennent
l'approche de la projection.
Markedness
and Context Effects in the Acquisition of Place Features
Michele
L. Morrisette, Daniel A. Dinnsen, and
Judith A. Gierut, Indiana University
Empirical
and theoretical claims about the markedness of place features and
associated context effects are evaluated against the facts of acquisition.
The primary focus is on the segmental inventories and substitution
patterns of young children with phonological delays (ages 3;0-8;6).
Results are reported from a large scale cross-sectional archival
study of 211 children. Additionally, two especially challenging
case studies are singled out for consideration. A typological account
of the cross-sectional variation is formulated in optimality theoretic
terms and requires permutable rankings of place-referring constraints.
Consideration is also given to the different statistical trends
along with a comparison of developing and fully developed languages.
Des
affirmations empiriques et théoriques sur la marque des traits
de lieu d'articulation et sur les effets de contexte qui leur sont
attribués sont confrontées à des données
d'acquisition. L'étude focalise principalement sur les inventaires
segmentaux et les patrons de substitution d'enfants (3;0 à
8;6) présentant des délais phonologiques. Les résultats
sont tirés d'échantillons recueillis lors d'une étude
antérieure effectuée à large échelle,
sur 211 enfants. En outre, deux cas particulièrement intéressants
et surprenants ont été considérés spécifiquement.
Une explication typologique de la variation observée dans
l'échantillon est formulée dans le cadre de la théorie
de l'optimalité et requiert un ordonnancement permutable
des contraintes qui réfèrent au lieu d'articulation.
L'étude s'attarde également aux diverses tendances
statistiques de même qu'à une comparaison des données
d'acquisition et des langues adultes.
The
Development of Lexical Pitch Accent Systems: An Autosegmental Analysis
Mitsuhiko
Ota, University of Edinburgh
This
article presents an autosegmental analysis of the development of
pitch phonology in Swedish and Japanese, which mark both lexical
accent and phrasing through movements in fundamental frequency (F0).
Predictions that follow from the autosegmental model are tested
against spontaneous production data from child Japanese. In support
of the analysis that lexical pitch accent and phrasal intonation
are acquired as separate sequences of tonal features, the falling
and rising slopes of F0 contours are shown to develop independently.
The late emergence of the phrase-initial rise is attributable to
the allophonic surface realisation of the low boundary tone. Moreover,
developments in contour shapes are characterised by demarcated emergence
of F0 turning points that are aligned with specific segments, providing
further support for the view that pitch phonology is acquired as
strings of tonal units associated with segments and prosodic constituents.
Cet
article présente une analyse autosegmentale du développement
des systèmes tonaux du suédois et du japonais, deux
langues qui marquent l'accent lexical et phrastique par un mouvement
dans la fréquence fondamentale (F0). Les prédictions
découlant du modèle autosegmental sont testées
à l'aide de données du japonais produites spontanément
par un enfant. L'analyse, qui pose que la hauteur tonale de l'accent
lexical et l'intonation phrastique s'acquièrent comme des
séquences de traits tonaux distinctes, est soutenue par le
développement indépendant des montées et descentes
des contours de la F0. L'émergence tardive de la montée
en début de syntagme est attribuable à la réalisation
allophonique de surface du ton de frontière bas. De plus,
les développements dans les formes du contour sont caractérisés
par l'émergence marquée de points tournants de la
F0 alignés sur des segments spécifiques. Ceci appuie
l'idée que le système de hauteur tonale s'acquiert
comme des chaînes d'unités tonales associées
à des segments et des constituants prosodiques.
Direction
of Assimilation in Child Consonant Harmony
Joe
Pater and Adam Werle, University of Massachusetts, Amherst
In
child language, consonants often assimilate in primary place of
articulation across intervening vowels. In adult language, primary
place assimilation occurs only between adjacent consonants. In both
cases, the first consonant usually assimilates to the second. The
standard analysis of directionality of local assimilation in Optimality
Theory uses positional faithfulness to protect the second consonant.
In this article, it is argued that directionality in child language
assimilation is due not to positional faithfulness, but to a markedness
constraint that specifies that a consonant preceding a dorsal must
agree in place of articulation with it. Along with directionality,
this constraint accounts for cases in which dorsals, but not labials,
trigger assimilation, which occurs in Korean as well as in child
language. Differences between the attested types of assimilation
in adult and child language can be explained by differences in the
activity of positional faithfulness in the two domains.
Dans
le parler de l'enfant, l'assimilation consonantique du lieu principal
d'articulation se produit souvent indépendamment de la présence
d'une voyelle entre les consonnes. Chez les adultes, cette assimilation
ne se produit qu'entre consonnes adjacentes. Dans les deux cas,
la première s'assimile généralement à
la deuxième. L'analyse standard de la directionnalité
de l'assimilation locale dans la théorie de l'optimalité
veut que la seconde consonne soit protégée par la
«préservation positionnelle». Dans cet article,
il est proposé que la directionnalité dans l'assimilation
chez les enfants ne relève pas de la préservation
positionnelle, mais bien d'une contrainte de marque spécifiant
qu'une consonne précédant une dorsale doit prendre
son point d'articulation. De plus, cette contrainte rend compte
des cas où les dorsales, mais non les labiales, causent l'assimilation,
un phénomène observable tant en coréen que
dans le langage des enfants. Certaines différences entre
les types d'assimilation attestés chez les adultes et chez
les enfants peuvent être expliquées par des différences
dans l'effet de la préservation positionnelle dans chacune
des populations.
Place
Specification and Segmental Distribution in the Acquisition of Word-Final
Consonant Syllabification
Yvan
Rose, Memorial University
This
article focusses on data from two first language learners of Québec
French, Clara and Théo. In both corpora, all word-final consonants
are acquired before word-medial codas, except Clara's [inverted-R],
which is acquired at the same time as medial codas. The behaviour
of Clara's [inverted-R] is explained through the hypothesis that
it is analysed by the child as placeless and that, in the unmarked
case, place-specified consonants are syllabified word-finally as
onsets, while placeless consonants are syllabified as codas. Supporting
cross-linguistic evidence is provided from adult languages and from
the acquisition of Japanese. Finally, data on the acquisition of
Spanish are discussed. Based on distributional evidence, it is suggested
that these learners of Spanish posit a coda syllabification for
the word-final, place-specified coronal consonants of their language.
These data support the view that default options are overridden
when positive evidence steers the learner toward more marked options.
Cet
article est basé sur les données de Clara et Théo,
deux apprenants du français québécois, langue
première. Dans ces deux corpus, les consonnes finales sont
acquises avant les codas en milieu de mot, sauf le [R-inversé]
de Clara, acquis en même temps que ces codas. Il est proposé
que le [R-inversé] de Clara est dépourvu de lieu d'articulation
et que, par défaut, les consonnes finales avec lieu d'articulation
sont syllabées en attaque, tandis que les consonnes sans
articulateur sont syllabées en coda. Cette analyse est motivée
indépendamment à partir de langues adultes et de données
sur l'acquisition du japonais. Finalement, des données sur
l'acquisition de l'espagnol sont discutées, lesquelles suggèrent,
sur la base d'indices distributionnels, que les apprenants de l'espagnol
syllabent les consonnes coronales finales en coda. Ces données
appuient l'hypothèse selon laquelle les options de défaut
sont supplantées lorsque des indices positifs amènent
l'apprenant à sélectionner des options plus marquées.