Drawing from federal, provincial, and
local correspondence, missionary documents, legal statutes, and
various court records detailing provincial and federal liquor infractions,
I examine the social, legal, and political debates about racially-mixed
peoples and their "proper" place in the province. Pervasive fears
about mixed-race peoples, I contend, were not merely symbolic or
metaphorical but were deeply imbricated in material concerns about
land. Specifically, federal and provincial authorities argued that
race-mixing in British Columbia potentially undermined their efforts
to appropriate Indigenous lands and to build the province into a
"respectable" white settler society. Throughout this period, mixed-blood
peoples elicited a penetrating colonial gaze from government administrators
and missionaries alike. Although authorities relied on a variety
of spatial and legal techniques to govern racially-mixed peoples,
I suggest that liquor prohibitions at both the federal and provincial
levels were integral to keeping mixed-race peoples in their place:
or rather, "out of place."
Résumé
Cet article explore et interroge les angoisses coloniales que souleva
la progéniture mixed, d'origine européenne et autochtone, chez les
responsables gouvernementaux et religieux à la fin du XIXe et au
début du XXe siècle en Colombie Britannique. M'appuyant sur des
correspondances fédérales, provinciales et locales, des documents
de missionnaires, des lois et des rapports judiciaires relatifs
aux infractions provinciales et fédérales liées à l'alcool, j'analyse
les débats social, juridique et politique entourant les gens d'origine
mixed et leur « propre » place dans la province. Je soutiens que
les peurs envahissants les concernant ne furent pas seulement symboliques
ou méta-phoriques mais profondément enracinés dans des craintes
bien matérielles pour les terres. Ainsi, des autorités fédérales
et provinciales arguaient que la mixité en Colombie Britannique
minait leurs efforts d'approprier des terres autochtones et de bâtir
dans la province une société de colons blancs « respectable ». Pendant
toute cette période, les « sang-mêlés » furent l'objet de regards
coloniaux pénétrants, tant des administrateurs gouvernementaux que
des missionnaires. Bien que les autorités eurent recours à une variété
de techniques spatiales et légales pour gouverner les gens mixed,
les prohibitions liées à l'alcool, fédérales et provinciales, furent
au cour de l'effort de les maintenir à leur place - ou plutôt «
out of place ».
Mona
Oikawa
Cartographies of Violence : Women, Memory, and the Subjects of the
'Internment'
Abstract
In 1942, 22,000 people of Japanese origin were expelled from their
homes in British Columbia and moved to numerous incarceration sites.
The expulsion, incarceration, dispossession, displacements, and
deportations of Japanese Canadians were accomplished through Canadian
law. In this article, I examine some of the spaces of incarceration
and displacement produced through the law and the systems of power
mobilized through these carceral spaces. I argue that in mapping
out the spaces of the Internment, we begin to see how the nation
of Canada was made through racial exclusion and processes of violence.
As the spaces of incarceration and displacement become visible,
so too do the subjects of these laws and processes. Their accounts
of the incarcerations and displacements reveal the long-term effects
of the violence of the Internment.
Résumé
En 1942, 22 000 personnes d'origine japonaise furent expulsées de
leur demeure, en Colombie-Britannique, vers de nombreux camps d'internement.
L'expulsion, l'emprisonnement, la dépossession, l'éviction et la
déportation de ces Canado-Japonais eurent lieu légalement. Cet article
examine quelques-unes des zones d'incarcération et de transition
créées conformément à ces lois et les mécanismes de pouvoir qu'elles
activèrent. En retraçant la création de ces espaces d'enfermement,
on constate le rôle de l'exclusion raciale et des actes de violence
dans la constitution de la nation canadienne, et on découvre les
conditions des personnes soumises aux lois et procédures évoquées.
Leurs récits révèlent les conséquences à long terme de la violence
des internements.
Carol
Schick
Keeping the Ivory Tower White : Discourses of Racial Domination
Abstract
Designations of space and place are significant to the history and
formation of Canada as a white-identified country. Particular places
discussed in this paper are public education and post-secondary
schooling, which, as regulators of public spaces, act as indicators
of belonging in the production of students' identities. White students
in this study need the university for its credentialing function
and for its training in ideological processes of their "becoming
a teacher." Their production as legitimate citizens and teachers
is authorized by requirements of the institution in which they learn
to "manage" cross-cultural relations. Maintaining the status of
elite sites requires surveillance of knowledge production with respect
to hierarchies of race, class, and gender. Elite social relations
also designate which identifications and knowledges will be considered
rational and legitimate. In the research on which this paper reports,
white-identified pre-service education participants depend on the
racial hierarchies of elite educational spaces to secure their own
respectability among the white-dominated profession of teaching.
It is a respectability which their whiteness both requires and affords.
Résumé
La manière de désigner les espaces et les places est significatif
dans l'histoire et la formation du Canada comme pays identifié blanc.
Dans cet article, les espaces de l'éducation publique post-secondaire
sont analysés comme indicateurs d'appartenance dans la production
identitaire des étudiants. Les étudiants blancs de cette recherche
ont besoin de la fonction légitimante de l'université tout autant
que des processus idéologiques de sa formation pour « devenir des
enseignants ». Les exigences de l'institution d'apprendre à « gérer
» les relations interculturelles les autorisent à devenir des citoyens
et des enseignants légitimes. Maintenir le statut de sites d'élites
demande de surveiller la production du savoir en termes d'hiérarchies
de race, de classe et de genre. Les relations sociales de l'élite
désignent également quelles identifications et quelles connaissances
seront considérées rationnelles et légitimes. Dans l'enquête qui
fonde cet article, des étudiants-enseignants identifiés comme blancs
dépendent des hiérarchies raciales d'espaces éducationnels d'élite
pour assurer leur propre respectabilité dans la profession d'enseignants
à domination blanche. C'est une respectabilité exigée et possible
par le fait qu'ils sont blancs.électronique.
Sherene
H. Razack
Gendered Racial Violence and Spatialized Justice : The Murder of
Pamela George
Résumé
En 1995, Pamela George a été brutalement assassinée par deux jeunes
athlètes universitaires de dix-huit ans. Les deux hommes condamnés
pour meurtre se virent infliger des peines légères pour leur crime.
Dans cet article, j'examine le meurtre de Pamela George comme un
acte de violence raciale sexuée faisant partie de la poursuite de
la colonisation des Autochtones. Je suggère qu'en tant que femme
autochtone travaillant dans un espace de prostitution, Pamela George
représentait un corps qui pouvait être violé impunément. Les hommes
blancs respectables qui s'aventurent temporairement dans une zone
de dégénérescence pour s'engager dans une rencontre avec une prostituée
ne sont pas tenus responsables de la violence qui se produit régulièrement
dans les espaces et sur le corps de l'Autre. La relation entre les
corps, l'espace et la justice, où les zones habitées par l'Autre
racialisé ainsi que celles de prostitution (souvent l'une étant
l'autre) sont considérées comme des espaces où la justice universelle
n'opère pas, suggère que cette violence reste invisible devant la
loi. Ses caractéristiques, son rôle dans la constitution de l'homme
blanc et des sociétés de colonisateurs blancs, indiquent pourquoi
la violence persiste et pourquoi elle est niée par le droit de façon
constante. Les processus de création d'identité décrits sont essentiels
à la colonisation et, dans ce cas, à celle des Autochtones du Canada.
Abstract
In 1995, Pamela George was brutally murdered by two young university
athletes. The men were convicted of manslaughter and given light
sentences. In this article, I examine the murder of Pamela George
as gendered racial violence and continuing colonization of Aboriginal
peoples. I suggest that as an Aboriginal woman working in the space
of prostitution, Pamela George represented a body that could be
violated with impunity. Respectable white men who journey temporarily
into the zone of degeneracy to engage in an encounter in prostitution
are not held accountable for violence that occurs so routinely in
the spaces and on the bodies of the Other. Further, this relationship
between bodies, space, and justice, in which zones inhabited by
racial Others as well as zones of prostitution (often one and the
same) are considered to be spaces in which universal justice does
not operate, suggests how the violence remains invisible in the
law. The constitutive features of this violence, its role in making
white men and white settler societies, suggest why it keeps on happening
and is so consistently denied in law. The identity making processes
I describe are vital to colonization and, in this case, specifically
to the colonization of Aboriginal peoples in Canada.
Sheila
Dawn Gill
The Unspeakability of Racism : Mapping Law's Complicity in Manitoba's
Racialized Spaces
Abstract
This paper is about critical connections that the law obscures in
a liberal democratic, colonial context. It is about how law produces
and sustains a racial social order by ruling out of order and irrelevant
violent histories of Aboriginal dispossession. On November 1st,
1995 the Speaker of Manitoba's Legislative Assembly delivered a
ruling that defined the word 'racist' as "unparliamentary language."
Thus, by means of parliamentary law a Cree Member of the Opposition
was silenced, and ultimately expelled from the House. To explore
the underbelly of Canadian 'universal' equality, and to underscore
the systemic violence inherent in Mr. Oscar Lathlin's legal eviction
from the House, I engage in a provincial counter - mapping which
firmly reconnects the MLA to some of the racialized spaces he was
elected to represent. I illustrate how the law produces racialized
zones as well as subjects who are forced to exist outside the protected
bounds of 'equal' personhood. At the same time, I point to the indispensable
role of law in the making of the moral, white subject: a subject
who remains unobliged, even in the face of deeply distressing evidence,
to know him or herself as both perpetrator and benefactor of contemporary
colonial relations of dominance in Canada.
Résumé
Cet article traite des connexions critiques que la loi occulte dans
un contexte libéral et colonial. Il analyse comment la loi, en déclarant
irrecevables et hors de propos les violents incidents qui ont jalonné
la dépossession des Autochtones, produit et maintient un ordre social
que je qualifierais de racial. Le 1er novembre 1995, le président
de l'Assemblée législative du Manitoba a décidé de bannir le mot
« raciste » du langage parlementaire. L'autorité parlementaire venait
donc d'imposer le silence à un membre Cri de l'opposition, qui a
finalement été expulsé de la Chambre. Dans mon analyse de ce qui
sous-tend l'égalité « universelle » au Canada, et dans le but de
souligner la violence systémique inhérente à l'éviction légale de
M. Oscar Lathlin de la Chambre, j'entreprends de redessiner les
paramètres provinciaux de façon à « rebrancher » le législateur
à certaines zones « racialisées » qu'il a pour mandat de représenter.
Je montre en quoi la loi produit des zones et des sujets racialisés
qui sont forcés d'exister à l'extérieur des frontières protégées
de « l'égalité des personnes ». Parallèlement, je souligne le rôle
indispensable de la loi dans la fabrication du sujet moral, à la
peau blanche : un sujet qui n'est, en dépit des preuves navrantes
d'une autre facette de la réalité, nullement tenu de s'attribuer
à la fois les méfaits et les avantages des relations coloniales
de domination qui ont cours au Canada.
Jennifer
J. Nelson
The Space of Africville : Creating, Regulating, and Remembering
the Urban Slum
Abstract
The black community of Africville, in Halifax, Nova Scotia, was
forcibly dismantled in the 1960s under a program of 'urban renewal'.
Residents had long fought to have their claims to this space legally
recognized, as well as to improve the community with minimal services
and safety measures, such as water lines, sewage and police protection.
This article examines how the space of Africville was denied these
services, constituted as a 'slum', and in turn how this status was
seen to justify its removal. The land on which Africville stood,
now a public park, remains a site of contestation and commemoration.
As yet, the city of Halifax has declined demands for compensation
and has legally maneuvered to silence resistance. This essay's central
aim is to demonstrate not only how the law, through the City of
Halifax, functioned as a regulatory measure to ensure a series of
evictions, but also the way in which these practices and consequences
can be remembered. In particular, it argues for a con-textualized
legal consideration of Africville's story which recognizes the complex
interplay of histories of poverty and racism with narratives of
justice.
Résumé
La communauté noire d'Africville, à Halifax en Nouvelle-Écosse,
a été démantelée par la force durant les années 1960 en vertu d'un
programme de « rénovation urbaine ». Cela faisait longtemps que
les gens de cet endroit demandaient une reconnaissance juridique
de leur collectivité et de meilleurs services communautaires et
services de sécurité, comme des canalisations d'eau et d'égout,
et une protection policière. Cet article examine de quelle façon
la localité d'Africville a été privée des services en question et
est devenue un bidonville, et aussi comment on s'est servi d'une
telle situation pour justifier son élimination. La localité qui
était autrefois Africville a été transformée en un parc public,
mais elle reste un sujet de contestation et de commémoration. La
ville de Halifax a toujours rejeté les demandes d'indemnisations
et a utilisé des manouvres juridiques pour faire taire la résistance.
Ce texte cherche à montrer de quelle façon la ville de Halifax a
utilisé son pouvoir de réglementation pour déloger des gens. Il
montre aussi comment nous pouvons nous souvenir de ces pratiques
et de leurs conséquences. Il fait surtout valoir le besoin de con-textualiser
juridiquement l'histoire d'Africville, compte tenu de l'interaction
complexe entre la pauvreté, le racisme, et les narrations sur la
justice.
Sheryl Nestel
Delivering Subjects : Race, Space and the Emergence of Legalized
Midwifery in Ontario
Résumé
Cet article décrit la pratique du «tourisme de la profession de
sage-femme» par laquelle, les sages-femmes en Ontario ont fait des
stages dans des cliniques de maternité de pays du Tiers-monde en
vue d'obtenir l'expérience clinique qu'elles ne pouvaient pas obtenir
ici avant la légalisation de la profession dans la province. Plusieurs
sages-femmes ont aussi pu mieux se faire reconnaître sur le plan
professionnel pour leurs connaissances directes des méthodes obstétriques
utilisées par les femmes du Tiers-monde, c'est-à-dire par des femmes
qui, selon une mythologie soutenue dans le mouvement pour l'accouchement
naturel, posséderaient, en ce qui concerne les accouchements, des
connaissances féminines innées qui n'auraient pas encore été corrompues
par les pratiques médicales des pays de l'Ouest. L'émergence nouvelle
de la profession de sage-femme en Amérique du Nord est un exemple
convaincant de la manière dont, par des affirmations épistémologiques
sur l'identité partagée des femmes, les régions du Tiers-monde et
les personnes qui les occupent en sont venues à constituer un produit
de consommation et de progrès social pour les femmes des pays industrialisés.
Abstract
While widely regarded as a victory of grassroots feminist organizing
and as part of the ongoing struggle for gender equity and female
reproductive autonomy, the movement to legalize midwifery in Ontario
has, in fact, derived considerable benefit from hierarchical rather
than equal relations among women. This article describes the practice
of "midwifery tourism" whereby Ontario midwives traveled to "Third
World" maternity clinics in order to obtain clinical experience
unavailable to them in the period that preceded the legalization
of the profession in the province. Many traveled in order to garner
the requisite number of births for participation in provincial programs
designed to integrate practicing midwives into the health care system.
In addition to this very quantifiable benefit, midwives were also
able to enhance their professional prominence through a claim to
first-hand knowledge of the birth practices of "Third World" women,
a group mythologized within natural childbirth discourse as possessing
innate feminine birthing knowledge as yet uncorrupted by Western
medical practices. The re-emergence of midwifery in North America
provides a cogent example of how, through epistemological claims
about women's shared identity, "Third World" space, and those who
occupy it, come to constitute a commodity for first world women's
consumption and social advancement.
Book
Reviews / Comptes rendus
Gerald
E. Frug
City Making. Building Communities Without Building Walls
- Claude Thomasset
Nicholas
R. Fyfe (ed.)
Images of the Street. Planning, Identity, and Control in Public
Space
- Hijin Park
Ruth
Butler and Hester Parr (eds.)
Mind and Body Spaces. Geographies of Illness, Impairment, and Disability
- Sheila Dawn Gill
Matthew
H. Sommer
Sex, Law, and Society in Late Imperial China
- Fabien Simonis
Hervé
Guillorel et Geneviève Koubi (dir.)
Langues et droits. Langues du droit, droit des langues
- Louis-Jacques Dorais
Book Notes/Parutions récentes
Eric.
A. Feldman
The Ritual of Rights in Japan. Law, Society, and Health Policy
Laura Jones (ed.)
Safe Enough? Managing Risk and Regulation