Volume 10 No. 1, Spring/printemps 1995
Contents/Sommaire

"Reconstructing" The Patriarchal Nuclear Family: Recent Developments in Child Custody and Access in Canada

Dawn M. Bourque

Droit constitutionnel et rapports de pouvoir : Les droits scolaires des francophones minoritaires du Canada avant 1960

Angéline Martel et Daniel Villeneuve

Male Domestic Abuse: The Continuing Contrast Between Women's Experiences and Juridical Responses

Rosanna Langer

The Westray Mine Disaster and its Aftermath: The Politics of Causation

Eric Tucker

L'évolution des normes dans l'institution carcérale

Les êtres humains et les animaux aussi : la protection des sujets d'expérimentation en recherche biomédicale au Canada

Thérèse Leroux et Lyne Létourneau

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Reviews/Recensions

Jennie Abell & Elizabeth Sheehy, Criminal Law & Procedure: Cases, Context, Critique

Constance Backhouse

Stephen St. C. Bostock, Zoos and Animal Rights: The Ethics of Keeping Animals

Piers Beirne

Michel van de Kerchove & François Ost, Le droit ou les paradoxes du jeu

Lise Binet

Paul Dubouchet, Sémiotique juridique : Introduction à une science du droit

Alain-François Bisson

Henri Pac, Droit et politiques nucléaires

Katia Boustany

Colette Bernier & Roch Laflamme, dir., Négociation collective. Adaptation ou disparition?

Jean-Pierre Cabana

Nils Christie, Crime Control as Industry: Towards Gulags, Western Style?

Brenda Comaskey

Anthony H. Birch, The Concept and Theories of Modern Democracy

Lesley A. Jacobs

Gilbert Hottois & Marie-Hélène Parizeau, dir., Les mots de la bioéthique. Un vocabulaire encyclopédique

Thérèse Leroux

Steven Zeeland, ed., Barrack Buddies and Soldier Lovers: Dialogues With Gay Young Men in the U.S. Military

Steven Maynard

Elliott Leyton, William O'Grady & James Overton, Violence and Public Anxiety. A Canadian Case

Chris McCormick

William G. McLoughlin, After the Trail of Tears: the Cherokees' Struggle for Sovereignty, 1839-1880

Luke McNamara

Michael J. Trebilcock, The Limits of Freedom of Contract

M. H. Ogilvie

Laureen Snider, Bad Business: Corporate Crime in Canada

Candace Reinsch

Peter Hulme & Ludmilla Jordanova, eds., The Enlightenment and its Shadows

Greg T. Smith

Adrian Howe, Punish and Critique: Towards a Feminist Analysis of Penality

Laureen Snider

Katherine Lippel, dir., Nouvelles pratiques de gestion des litiges en droit social et du travail

Robert Tétrault

J. S. Cockburn & Thomas A. Green, eds., Twelve Good Men and True: The Criminal Trial Jury in England, 1200-1800

Barry Wright

Kenneth L. Cope, Criteria of Certainty: Truth and Judgment in the English Enlightenment

Barry Wright


Index, vol. 1-9 (1986-1994)


BY Dawn M. Bourque

Abstract - Examining recent (1990 to 1993) reported Canadian cases on custody and access, I document a movement toward a re-privatisation of "family" to a traditional patriarchal nuclear form. Patterns of privatisation, readily apparent in economic and social policy are also evident within family law. Custody and access determinations in a separation or post-separation setting represent a moment where these implicit tactics become visible; the result is serious limits placed on the freedom and safety of women and their children. Focus on issues of custodial mothers' mobility, wife abuse and allegations of child physical and/or sexual abuse reveals a propensity on the part of the judiciary to prioritise paternal access to children as a criterion of the "best interests of the child." Like joint legal custody, which the Canadian courts are still reluctant to impose on unwilling parents, de facto joint custody is occurring under sole custody orders. These tendencies ensure the separated or divorced "family" will be "re-onstructed" and re-privatised along familiar patriarchal lines.

Résumé - En étudiant les plus récentes décisions rendues par les tribunaux canadiens en matière de droits de garde et d'accès (1990 à 1993), l'auteure note un certain retour au caractère privé de la famille, se traduisant par une forme de patriarcat nucléaire. Cette orientation, déjà observable dans la politique sociale et économique, se reflète en droit de la famille. L'octroi des droits de garde et d'accès dans le cadre de la séparation ou du divorce constitue une occasion où cette tendance subtile se manifeste; il en résulte de sérieuses entraves à la liberté et à la sécurité des femmes et de leurs enfants. Une étude attentive des problèmes ayant trait à la mobilité des mères-gardiennes, à la violence conjugale, à l'inceste et aux mauvais traitements des enfants révèlent une propension de la part des autorités judiciaires à accorder la primauté au droit d'accès du père en tant que critère déterminant du "meilleur intérêt de l'enfant". À l'instar de l'ordonnance de garde partagée, que les tribunaux canadiens sont peu disposés à accorder aux parents non consentants, le droit de garde exclusif n'en constitue pas moins une garde partagée de facto. Ces phénomènes assurent le maintien du caractère privé des relations familiales et la "reconstitution" des familles séparées ou divorcées selon le modèle patriarcal.


PAR Angéline Martel et Daniel Villeneuve

Résumé - Les droits constitutionnels conférés à l'intention des francophones minoritaires au Canada par l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés s'avèrent fragiles dans leur reconnais.sance et leur mise en oeuvre. Dans cet article, nous tentons de comprendre les raisons profondes de cette situation. Ë cet effet, nous analysons les forces idéologiques qui, historiquement, ont sous-tendu l'interprétation et la mise en oeuvre des droits constitutionnels relatifs à l'éducation des minorités francophones entre 1867 et 1960. Une idée de fond se dégage de cette analyse: les droits éducatifs des minorités, en dépit du caractère argumentatif et rationnel qui leur confère une apparente neutralité, ne sont pas à l'abri des rapports sociaux. Ils sont une construction sociale qui s'enracine profondément dans les oppositions idéologiques et les rapports de pouvoir traversant la société. Ainsi, l'élaboration, l'interprétation et la mise en oeuvre des droits scolaires consacrés aux minorités en vertu de l'article 93 de la Loi constitutionnelle de 1967 sont largement influencées par les tensions qui, à travers l'histoire canadienne depuis les origines de la Confédération, ont opposé les tenants de l'idéologie homogénéiste et ceux de l'idéologie dualiste. Dans sa conception même, l'article 93 porte la marque des rapports de pouvoir qui prévalaient au moment de la Confédération. Pour leur part, les tribunaux ont entériné l'idéologie homogénéiste en interprétant l'article 93 de manière statique, ce qui a eu pour effet en pratique d'avaliser la vague d'homogénéisation qui a frappé les écoles des francophones minoritaires avant les années 1960.

Abstract - The constitutional rights accorded francophone minorities in Canada by Section 23 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms in 1982 seem fragile in terms of their recognition and their implementation. In this article, we attempt to understand the reasons underlying this situation. To that end, we analyze the ideological forces behind the interpretation and implementation of constitutional rights relating to the education of francophone minorities from 1867 to 1960. One conclusion arises from this analysis: minority education rights, despite their rational and argumentative character which confers upon them a seeming neutrality, do not lie beyond the sphere of social relations. Thy are a social construct deeply rooted in the ideological oppositions and relations of power which cut through society. In this way, the development, interpretation and implementation of minority education rights by virtue of Section 93 of the Constitutional Act, 1867 have been greatly influenced by the tensions existing between adherents of a homogeneist ideology and those of a dualist ideology. In its very conception, Section 93 is marked by the relations of power which prevailed at the time of Confederation. For their part, the courts entrenched the homogeneist ideology by giving Section 93 a static interpretation, the practical effect of which was to guarantee the wave of homogenisation which struck minority francophone schools prior to the 1960s.


BY Rosanna Langer

Abstract - Women's perceptions of abuse differ deeply from official characterizations of them and are largely absent from legal discourse on male domestic abuse despite two decades of reform initiatives. This article traces the enforcement of male domestic dominance and violence through the failures of the criminal justice system to incorporate women's perspectives in systemic responses to male spouse batterers. I argue that it is factors such as official labelling of abuse by the juridical system, including police, which determine whether abuse is 'officially' recognized as such and whether the male violent family is s abilized by policies, practices, and non-intervention. This interaction between definitions and institutional responses makes it crucial to understand how women define their own experiences of abuse. The article concludes that male domestic abuse remains a contested area of juridical understandings and practices. Insofar as the 'official' definition of her situation impacts on the abused woman's self-perception, and on her access to resources she might use to get out of danger, it determines the organization of 'domestic abuse' as well.

Résumé - La perception qu'ont les femmes de la violence conjugale diffère largement du "portrait officiel" de la victime et leur point de vue est pratiquement ignoré dans le débat juridique sur la violence conjugale en dépit des efforts de réforme des 20 dernières années. L'auteure de cet article fait état du maintien, au sein du couple et de la famille, de la domination et de la violence masculines et ce en raison du défaut du système judiciaire criminel d'intégrer la perspective des femmes dans la réponse "systémique" à la violence conjugale. L'auteure soutient que ce sont des facteurs tels que la définition officielle de la violence conjugale, établie par la machine judiciaire - dont fait partie le "corps policier" - qui déterminent s'il y a effectivement violence conjugale et si la famille est maintenue dans cette violence par les politiques, les pratiques et l'absence d'intervention. La compréhension de l'interaction entre les définitions et les réponses institutionnelles est importante afin de saisir comment les femmes définissent leur propre expérience de la violence conjugale. Dans cet article, l'auteure conclut que la violence conjugale demeure un terrain de débat des conceptions et des pratiques juridiques. Dans la mesure où la définition officielle de sa situation influence l'image qu'a d'elle-même la victime et le choix des diverses ressources auxquelles elle recourt pour se mettre hors de danger, cette définition détermine de la même manière la façon dont est gérée la violence conjugale.


BY Eric Tucker

Abstract - Causation analysis is densely political in at least three ways. First, because causation is crucial to our system of attributing moral, legal and political responsibility, causation arguments are advanced for purely instrumental purposes. They do political work. Second, because any particular occurrence is the outcome of an almost infinite number of antecedent events, "but for" causation analysis produces trivial results. A judgement about causal significance is required and will depend, in part, on the goals of the analysis. The choice of goals is political, but unstated goals and hidden assumptions often exclude consideration of some possible causes as significant. These politics of causation need to be made explicit. Third, the institutional setting in which official determinations of causation are made influence the outcome. Hence, it is necessary to explore these as well. Each of these three dimensions of the politics of causation is explored through an analysis of the 1992 Westray mine disaster which killed 29 miners in Nova Scotia, and the official responses to it. It is argued that if the goal is to protect workers and nothing else, then the political-economic context that promotes the creation of hazardous conditions must be considered a significant cause of harmful occurrences. It is unlikely, however, that any of the official responses to the disaster will take this approach.

Résumé - La théorie de la causalité est largement influencé par des dimensions politiques et ce, à trois égards. Premièrement, étant donné qu'elle est au centre de notre système d'attribution morale, légale et politique de responsabilité, les arguments issus de l'analyse de la relation de cause à effet ne servent qu'à des fins instrumentales. Ils font le travail politique. Deuxièmement, tout phénomène étant l'aboutissement d'une infinité d'événements précurseurs, la théorie de la causalité ne fournit que des réponses futiles. Une critique de cette théorie est nécessaire mais est tributaire, en partie, des buts de l'analyse. Le choix des objectifs est de nature politique. Cependant, les objectifs non avoués et les hypothèses implicites tendent souvent à exclure certaines causes plausibles et importantes. Ces considérations de nature politique doivent être dévoilées. Enfin, les institutions, qui opèrent ces choix, influencent les résultats de l'analyse. Dès lors, il est nécessaire de les examiner. Chacun de ces trois aspects de la théorie de la causalité, ainsi que les réponses officielles, sont analysés à la lumière de la catastrophe de la mine Westray, en Nouvelle-Écosse, qui a été la cause du décès de 29 mineurs. L'auteur soutient que si les objectifs politiques ne visent uniquement que la protection des travailleurs, alors le contexte politique et économique qui favorise la mise en place de conditions de travail dangereuses doit être considéré comme étant un facteur important d'accidents. Il est cependant peu probable que les réponses officielles à cette catastrophe reflètent cette approche.


PAR Lucie Lemonde

Résumé - Après avoir analysé les caractéristiques de l'institution carcérale et du rôle traditionnel du droit dans cet ordre juridique totalitaire, l'auteure tente d'identifier les facteurs et les mouvements sociaux ayant contribué à l'émergence, depuis la fin des années soixante-dix, d'une normativité des droits fondamentaux des personnes incarcérées. Elle soutient que les développements récents sont principalement le résultat de la lutte du mouvement des droits des détenus devant les tribunaux. Au fur et à mesure que les tribunaux ont élaboré des critères pour juger de la légalité d'une pratique ou d'un processus décisionnel, il y a eu, au cours des années quatre-vingt, intégration progressive par le législateur canadien de ces exigences jurisprudentielles. L'intervention judiciaire en droit carcéral canadien a eu un impact important sur l'élaboration de nouvelles normes de justice carcérale consacrant le devoir d'agir équi ablement envers les détenus et les droits fondamentaux des personnes incarcérées.

Abstract - After analyzing the characteristics of prison institutions and the traditional role of the law in such a totalitarian legal order, the author attempts to identify the social factors and movements which, since the end of the 1970s, have contributed to the emergence as norms of fundamental rights for prisoners. She posits that recent developments have resulted from the prisoners' rights movement battling before the courts. As the courts developed criteria to judge the legality of practices or decision-making processes, Canadian legislators, in the course of the 1980s, gradually integrated these jurisprudential requirements. Judicial intervention in Canadian prison law has had a significant impact on the development of new norms of prison justice, es ablishing prisoners' fundamental rights and the duty to treat prisoners fairly.


PAR Thérèse Leroux et Lyne Létourneau

Résumé - L'utilisation de sujets d'expérimentation humains et animaux dans le domaine biomédical est universellement acceptée. À défaut d'une telle méthode, dit-on, qu'adviendrait-il du progrès de la science et du soulagement des misères dans le monde? Quoi qu'il en soit, un fait demeure: l'expérimentation humaine et animale, de par sa nature même, appelle la protection des êtres humains et des animaux qui y sont soumis. Au Canada, qu'en est-il de la protection offerte aux sujets d'expérimentation humains et animaux? En lieu et place d'une loi fédérale, des systèmes de contrôle volontaire ont été instaurés par la communauté scientifique. Ceux-ci sont fondés sur la création de comités d'éthique institutionnels. Ils sont complétés par un contrôle a posteriori de l'expérimentation. Dans le cadre de cet article, les auteures décrivent ces systèmes de contrôle et les analysent. D'apparence rassurante, ils révèlent toutefois certaines faiblesses.

Abstract - The use of human and animal subjects in the field of biomedical research is universally accepted. Without such methods, we are told, what would happen to scientific progress and the relief of suffering in the world? Be that as it may, one fact remains: by its very nature, experimenting on human beings and nonhuman animals demands that we protect those who are the subjects of those experiments. In Canada, what kind of protection is offered to human and animal subjects? In the absence of federal legislation, and in place of it, voluntary systems of control have been put in place by the scientific community. These systems are based on the es ablishment of institutional ethics committees. They are complemented by an a posteriori control of experiments. In this article, the authors describe and analyze these sytems of control. Indeed, although they appear to be reassuring, these systems nonetheless reveal certain weak points.

 

 


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