Volume 11 No. 2, Fall/automne 1996
Contents/Sommaire

Le Droit comme facteur d'exclusion / Law as a Means of Exclusion Numéro spécial dirigé par Marie-Andrée Bertrand Special Issue coordinated by Marie-Andrée Bertrand

Introduction: Le Droit comme facteur d'exclusion / Law as a Means of Exclusion

Marie-Andrée Bertrand

"An Embarrassingly and Severely Masculine Atmosphere": Women, Gender
and the Legal Profession at Osgoode Hall, 1920s-1960s

Cecilia Morgan

The Paradox of Hong Kong Colonialism: Inclusion as Exclusion

Anne S. Y. Cheung

L'Invisibilité, facteur d'exclusion : Les Femmes victimes de lésions professionnelles

Katherine Lippel et Diane L. Demers

Le Processus de "mise ailleurs" juridique : La Création de l'enfance dans les lois manitobaines, 1870-1924

Danielle Laberge et Bruno Théorêt

National Identity, Ethnic Surnames and the State

Teresa Scassa

The Chutzpah of Chasidism

Shauna Van Praagh

Le Droit, l'exclusion et les Autochtones

Mylène Jaccoud

La Vengeance, l'État et la peine

Philippe Robert


Reviews/Recensions

Law as a Means of Exclusion / Le Droit comme facteur díexclusion

Thomas Gabor, "Everybody Does It!": Crime by the Public

Christine Boyle

Jonathan Hart and Richard W. Bauman, eds., Explorations in Difference: Law,
Culture, and Politics

Lawrence C. Buhagiar

Will Kymlicka, Multicultural Citizenship: A Liberal Theory of Minority Rights

Obiora Chinedu Okafor

Chibli Mallat, The Renewal of Islamic Law: Muhammad Bager as-Sadr, Najaf
and the Shi'i International

Amyn B. Sajoo

Will Kymlicka, ed., Collective Identities and the Limits of Liberalism: The Rights
of Minority Cultures

Stephen J.A. Tierney

Marianne Constable, The Law of the Other: The Mixed Jury and Changing
Conceptions of Citizenship, Law, and Knowledge

Mariana Valverde ******************

Other Reviews / Autres Recensions

Julian V. Roberts and Renate M. Mohr, eds., Confronting Sexual Assault:
A Decade of Legal and Social Change

Lori Beaman-Hall

David Beatty, Constitutional Law in Theory and Practice

Douglas S. Campbell

"Adversaria: Literature and Law" (Special Issue) Mosaic 27:4
(December 1994)

Lyndsay Campbell

Allan C. Hutchinson, Waiting For Coraf: A Critique of Law and Rights

Mark Carter

R. W. Kostal, Law and English Railway Capitalism 1825-1875

Paul Craven

Carol Smart, Law, Crime and Sexuality: Essays in Feminism

Myrna Dawson

René Côté et Guy Rocher, dir. Entre droit et techniques: enjeux
normatifs et sociaux

Jean Goulet

Michael Tonry, ed., Crime and Justice: A Review of Research, Volume 17

Gerry Johnstone

Ian Ward, Law and Literature

Cailin Morrison

Cary Cherniss, Beyond Burnout: Helping Nurses, Therapists and Lawyers
Recover from Stress and Disillusionment

Michelle Oliver

Danièle Bourcier, La Décision artificielle : Le Droit, la machine et l'humain

Claude Thomasset

Kirsten Johnson, Undressing the Canadian State: The Politics of Pornography
from Hicklin to Butler

Erin Gibbs Van Brunschot

Rev. Richard Denis Shaw, Chaplains to the Imprisoned: Sharing Life
with the Incarcerated

Melita A. Vidovic


"An Embarrassingly and Severely Masculine Atmosphere": Women, Gender and the
Legal Profession at Osgoode Hall, 1920s-1960s
*

Cecilia Morgan
Department of History
Queen's University

Abstract­ This paper examines gender relations within Ontario's Osgoode Hall Law School from the 1920s to the 1960s, focussing on the women who entered the school during this period. It analyzes their backgrounds and motives for entering law school and it also examines their experiences at the school and as articling students. This paper argues that the legal profession's insistence on its masculine nature shaped women law students' attempts to construct their own professional identities and to reconcile their professionalism with their gender, ethnic and racial, and class backgrounds (the majority of these women were Anglo-Celtic and middle-class). Yet while masculinity was the norm for both the profession and the law school, it was not a static, monolithic construct; it was constructed and expressed in a number of ways by male students and instructors at Osgoode Hall, particularly in the pages of the student press and through the activities of Osgoode's student organization. Such struggles to define male law students' identities invariably affected women law students; in turn, through the Women's Law Association of Ontario, they worked to create an alternative space where women lawyers and students could work for change and attempt to reconcile professionalism and middle-class femininity.

Résumé­ Dans cet article, l'auteure étudie l'évolution des rapports entre les sexes à la faculté de droit de Osgoode Hall et, plus particulièrement, l'évolution de la situation des femmes y ayant été admises entre les années vingt et les années soixante. Elle y analyse le milieu socioculturel de ces femmes, les motifs les ayant conduites à choisir le droit et y relate leurs expériences à titre d'étudiantes et de stagiaires. L'auteure soutient que l'accent mis sur la nature masculine de la profession est à l'origine de l'effort constant déployé par les étudiantes en droit­dont la majorité étaient d'origine anglo-celtique et issues de la classe moyenne­afin de définir leur credo professionnel propre et faire l'adéquation de leur profession et leur identité sexuelle, ethnique, raciale et socioculturelle. Néanmoins, la prééminence des hommes dans la profession et à la faculté­un état d'esprit tout autant qu'un état de fait­était prônée par les étudiants et les professeurs de Osgoode Hall de diverses façons, s'exprimant notamment dans les pages du journal étudiant et véhiculée dans les activités organisées par les étudiants. Les étudiantes devaient invariablement subir les conséquences des efforts de leurs collègues masculins en vue d'affermir leur identité. En fondant la Women's Law Association of Ontario, elles ont créé un lieu d'échanges où avocates et étudiantes peuvent envisager des changements et trouver des solutions leur permettant de concilier leur profession, leur féminité et leur origine socioculturelle.


The Paradox of Hong Kong Colonialism: Inclusion as Exclusion*

Anne S. Y. Cheung
Department of Law
University of Hong Kong

Abstract ­ This paper examines the British legal policy in Hong Kong which preserved Chinese customary law as a subtle and indirect form of social control. The initial takeover of Hong Kong by the British in 1841 was motivated by economic interest in China. Hong Kong was to be developed into an entrepôt under a laissez-faire government. In order to pacify the local subjects and the Chinese government, English law was applied to British subjects but the local Chinese were governed by Chinese customary law. Gradually, the interpretation of customary law by English judges and common law courts transformed and even created a new understanding of this law. The preservation of customary law had the paradoxical effect of ousting the local narrative. One hundred and fifty-six years have passed; Hong Kong has fulfilled the British dream of being a flamboyant commercial centre. However, in less than 150 days, Hong Kong will be elevated from the status of a British colony to that of "special administrative region" of China. Nonetheless, the rhetoric of laissez-faire government continues to be reflected in the policy of "high degree of autonomy." The fate of Hong Kong is certainly unknown. Hopefully, the study of its past experience will shed some light on its future.

Résumé ­ Dans le présent article, l'auteure passe en revue les diverses lois britanniques qui, sous le couvert de maintenir le droit coutumier chinois, visaient à exercer un contrôle social. La prise de Hong Kong par les Britanniques en 1841, motivée par des intérêts économiques, avait pour objectif de faire de l'île un entrepôt et un port franc. Pour pacifier les habitants et le gouvernement chinois, on y instaura un régime juridique en vertu duquel les sujets britanniques étaient régis par le droit anglais et les indigènes par le droit coutumier chinois. Peu à peu, l'interprétation du droit coutumier chinois élaborée par les juges anglais des cours de common law a transformé celui-ci, échafaudant une nouvelle approche du droit coutumier. Paradoxalement, donc, le maintien officiel du droit coutumier a eu pour effet de déposséder les autochtones de leurs coutumes séculaires. Cent cinquante-six ans plus tard, le rêve des Britanniques s'est matérialisé; Hong Kong est aujourd'hui un centre commercial florissant. Mais dans moins de cent cnquante jours, la colonie acquerra le statut de territoire autonome (zone administrative spéciale) qui jouira, selon les termes du gouvernement chinois, d'un large degré d'autonomie, laissant présager le maintien d'un régime de libéralisme économique. Toutefois, le sort de Hong Kong demeure, à ce jour, incertain. Peut-être son passé peut-il nous éclairer sur son avenir?


L'Invisibilité, facteur d'exclusion :
Les Femmes victimes de lésions professionnelles*

Katherine Lippel
Département des sciences juridiques
Université du Québec à Montréal
Diane L. Demers
Département des sciences juridiques
Université du Québec à Montréal

Résumé ­ Cet article présente les résultats de trois études démontrant comment une législation qui est en apparence neutre peut avoir des effets discriminatoires. Trois aspects de la législation québécoise en matière d'indemnisation des lésions professionnelles ont été examinés afin de déterminer si leur application aux travailleuses était équitable. La première étude a porté sur l'examen de 179 décisions en appel relatives aux réclamations pour dommages psychiques reliés au stress au travail. Elle conclut que l'accès à l'indemnisation est plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Les difficultés ne s'expliquent pas par des différences individuelles. La discrimination est véhiculée à travers l'application par les décideurs de normes floues (stress inusité). La deuxième étude a porté sur l'examen des règles concernant l'indemnisation pour l'incapacité d'effectuer le travail domestique suite à une lésion professionnelle. La disparité des obligations des hommes et des femmes à l'égard du travail domestique avec le caractère inadéquat des programmes de réadaptation sociale ont eu pour effet de sous-indemniser les femmes pour les conséquences économiques réelles de leurs lésions corporelles. La troisième partie présente les conclusions préliminaires d'une étude sur les décisions et les politiques en matière de réadaptation professionnelle des victimes de lésions professionnelles. Elle fournit une illustration de la discrimination systémique découlant de la détermination de l'emploi convenable. L'accès aux programmes de réadaptation dépend en grande partie du salaire gagné au moment de la lésion. Le fait que le travail des femmes est sous-évalué de manière systémique se traduit par un accès limité aux programmes de réadaptation professionnelle qui seraient appropriés pour elles et qui tiendraient compte des conséquences réelles de leur lésion.

Abstract ­ This article reports on three studies aimed at identifying ways in which seemingly neutral legislation may lead to discriminatory results. Three facets of workers' compensation legislation in Québec were examined in order to determine whether their application to injured women workers is equitable. The first study analysed 179 appeal decisions regarding claims for psychological disability relating to workplace stress. Results show that accessing compensation was more difficult for women than for men. Disparity in access could not be explained by individual differences. Discrimination operated by differential interpretations by decision makers of broad criteria (unusual stress) developed in the case law itself. The second study looked at legislative and administrative rules regarding compensation for inability to perform unpaid domestic work as a result of a compensable workplace injury. Differential obligations in the home conjugated with inadequate legislative programmes regarding domestic work led to under-compensation of women workers for the real economic consequences of their work injury. Thirdly preliminary results of a study of appeal decisions and policy regarding professional rehabilitation of injured workers are presented. Systemic discrimination is illustrated by the fact that pre-injury earnings are determinant in access to programmes and duration of rehabilitation benefits. Conjugated with systemic undervaluing of women's work, this leads to poorer access to appropriate rehabilitation programmes.


Le Processus de juridique : La Création de l'enfance dans les lois manitobaines, 1870-1924

Danielle Laberge Département de sociologie Université du Québec à Montréal Bruno Théorêt Groupe de recherche interdisciplinaire sur la santé Université de Montréal

Résumé ­ Dans cet article, les auteurs examinent le phénomène de la création de l'enfance et le rôle qu'y joue le droit, particulièrement par la des jeunes au plan de leur statut juridique. En examinant attentivement l'évolution du droit manitobain concernant les jeunes entre 1870 et 1924, on constate le développement graduel d'un espace juridique spécifique caractérisé par la nécessité du contrôle adulte, la fixité domiciliaire, la moralisation et l'interdiction relative de la présence des jeunes dans bon nombre de lieux publics. La mise en place de cet espace juridique spécifique aux jeunes s'actualise par 1) la mise en place de nouveaux principes juridiques, 2) l'adoption de nouvelles désignations légales de situations appelant l'intervention, 3) l'implantation de structures administratives spécifiques soutenant l'application de ce nouveau droit des jeunes et 4) la mise sur pied d'une police des jeunes. L'effet de cette création est important : transformation de la représentation des jeunes, transformation des rapports juridiques entre les parents, les jeunes et l'État et enfin, transformation globale du mode de vie des jeunes. Mais plus encore, la construction de l'enfance à travers le droit manitobain manifeste la transformation des nécessités liées au maintien d'un certain ordre social.

Abstract ­ In this article the authors examine the phenomenon of creation of "childhood" and the role played by law, particularly by "puttng aside" young people with regard to their legal status. By carefully examining the evolution of Manitoba laws concerning youth between 1870 and 1924, one notices the gradual development of a specific legal space characterized by the necessity of adult control, residential fixation, moralization and interdiction for young people to be in certain public places. Putting this specific legal space iinto place was accomplished actualized by: 1) the development of new legal principles 2) the adoption of new legal designations to situations that require intervention, 3) the implementation of specific administrative structures underlying the application of this new youth legal system, 4) and the creation of a youth police. The impact of this creation is important: the transformation of the representation of youth; transformation of legal relations between children, parents and the State; global modification of the way of life of young people. But furthermore, the construction of "childhood" across the Manitoban legal system shows the transformation of necessities linked to the maintenance of a specific legal order.


Teresa Scassa
Faculty of Law
Dalhousie University

Abstract ­ Surnames tend to be indicators of a particular linguistic or ethnic background. For this reason, many states have sought, directly or indirectly, to influence the language of the surnames of their nationals. In this paper, the author demonstrates how surname policies have tended to reflect certain national identity objectives: to assimilate or to segregate particular ethnic communities, or to engage in national building exercises around a shared ethnic identity. These surname policies are particularly interesting in the context of ethnically diverse countries like the United States and Canada. The author draws on examples from these countries to illustrate how attitudes towards surnames reflect the inclusion or exclusion of particular communities from articulations of a national identity.

Résumé ­ Le patronyme étant une indication de l'appartenance linguistique ou ethnique, nombre d'États cherchent à influencer, directement ou indirectement, la langue du nom de leurs nationaux. Dans cet article, l'auteure démontre, à l'aide d'exemples, que les politiques relatives aux noms de famille procèdent de la volonté de l'État de définir une identité nationale, identité qui, soit est accomplie par la mise en oeuvre d'une politique d'assimilation ou de ségrégation de groupes ethniques spécifiques, soit repose sur des caractéristiques ethniques communes. L'étude des politiques relatives aux noms de famille de pays comme les États-Unis et le Canada présente un intérêt particulier en raison de la composition ethnique de ceux-ci. Ë l'aide d'exemples tirés de la jurisprudence américaine et canadienne, l'auteure illustre comment la recherche d'une identité nationale trouve son prolongement dans le comportement d'inclusion ou d'exclusion manifesté par les tribunaux à l'endroit de certains groupes ethniques.


Shauna Van Praagh
Faculty of Law
McGill University

Abstract ­ Members of the Chasidic Jewish communities of Montreal lead what appear to be insular lives, sharply defined by physical, cultural and religious boundaries. In describing and questioning the interface between Chasidic and non-Chasidic life and law, the author draws on the theoretical insights of legal pluralism, feminism and what has been labelled "everyday life." These insights, combined in a critical way, provide the framework and justification for a focus on family relations and education, two crucial aspects of Chasidic experience and identity. Both family relations and education demarcate Chasidic space and communities; they also serve to show how the boundaries are transgressed, blurred, and complicated. Rather than searching for the clearly marked lines that divide Chasidim and non-Chasidim, then, the more fruitful project is one that acknowledges patterns of interaction and constantly changing meanings and practices. It is by recognizing and working with moving boundaries and messy intersections that a picture of life and law­both inside and outside a particular community­can emerge.

Résumé ­ Les membres de la communauté juive hassidique de Montréal mènent ce qui semble une vie insulaire, délimitée clairement par des frontières physiques, culturelles et religieuses. Décrivant les relations et les modes d'adaptation des hassidims et des non hassidims en droit et dans la vie quotidienne, l'auteure esquisse les bases d'une théorie recoupant à la fois le pluralisme légal, le féminisme et ce que l'on nomme . Ces divers jalons d'analyse constituent le cadre et la justification d'une étude sur les relations familiales et l'éducation, deux aspects importants de l'identité et de l'expérience des hassidims. Les relations familiales et l'éducation délimitent l'espace tant géographique, culturel que religieux de la communauté hassidiques; ces deux objets d'étude permettent également d'observer à quel point les frontières de cet espace sont vagues et complexes et comment elles sont transgressées. Plutôt que de tracer les limites qui séparent les hassidims et les non hassidims, il est plus fécond d'établir un modèle d'interactions et de trouver la signification des pratiques en constante évolution. C'est en tenant compte de la nature mouvante de ces frontières, de ses croisements aléatoires, qu'on peut faire un portrait réaliste de la vie quotidienne et du droit tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de la communauté.


Mylène Jaccoud École de criminologie Université de Montréal

Résumé ­ L'exclusion sociale des autochtones est définie comme une condition de non-citoyenneté qui résulte d'une rupture entre un peuple et son Ce processus de rupture implique que certains individus et certains groupes ont perdu l'accès à des droits sociaux, civils et politiques. Historiquement, la marginalisation des autochtones s'inscrit dans le cursus d'une incorporation à l'État-nation qui s'est traduite par une politique de réduction et de ségrégation internes ayant contribué à l'appropriation des terres auxquelles les autochtones étaient liés matériellement et symboliquement. Cet article tente de comprendre le rôle joué par le droit dans ce processus de rupture, en examinant plus particulièrement les effets de la Loi sur les Indiens. L'auteure conçoit que l'imposition du droit aux premières nations, consécutive à leur incorporation à l'État-nation, a été producteur d'exclusions en amorçant puis en renforçant des ruptures matérielles et identitaires. En guise de conclusion, l'auteure propose six principes théoriques permettant d'analyser la complexité des rapports entre le droit et l'exclusion.

Abstract ­ The social exclusion of aboriginals is defined as a condition of non-citizenship that results from a rupture between a Nation and its "history". This break-up process implies that certain individuals and groups have lost access to social, civil and political rights. Historically, the marginalization of aboriginals registered in the cursus of the incorporation to the Nation-State that was translated by an internal policy of reduction and segregation that contributed to the appropriation of lands that were materially and symbolically linked to them. This article intends to understand the role played by law, in such a rupture process, by examining more specifically the effects of the Indians Act. The author conceives that the imposition of law to the First Nations, has been the producer of exclusions by starting and then reinforcing the material and identity break-ups. In conclusion, the author proposes six theoretical principles permitting analysis of the complexity of relations between law and exclusion.


La Vengeance, l'Étatet la peine

Philippe Robert Centre national de la recherche scientifique Guyancourt, France

Résumé ­ L'auteur commence par soupeser le thème du numéro, , en cherchant à débusquer la forte polysémie des termes pour conclure que les rapports du droit et de l'exclusion sont probablement ambigus. Comparer les différentes acceptions, jouer sur le flou que suscite leur coexistence, voilà l'objet de cet article qui s'attache au droit pénal car la suspicion d'exclusion y prend beaucoup de relief. Cependant la théorie pénaliste le présente, à l'inverse, comme un effort pour arracher l'humanité au jeu archaïque du vindicatif. S'appuyant sur des travaux souvent récents d'anthropologie, l'auteur propose de voir, au contraire, dans le vindicatoire et dans le pénal deux formes de juridicité également réglées dont la plus excluante, au moins dans son principe, est probablement la seconde. Mais comme rien n'est simple dans ce jeu du droit et de l'exclusion, il cherche ensuite à vérifier le propos en examinant les opérations contemporaines du pénal­la création de l'incrimination et sa mise en ¤uvre. En démontant plusieurs cas-types, l'auteur parvient finalement à montrer la complexité de la relation du droit et de l'exclusion et l'impossibilité d'une conclusion trop brève ou trop aprioriste.

Abstract ­ The author begins with an evaluation of the topic of the present issue, "Law as an exclusion factor", by fleshing out the strong polysemantics of expressions and concluding that relations between law and exclusion are probably ambiguous. To compare the different meanings and to play with the ambiguity generated by their coexistence, is the object of this article which relates to penal law because the suspicion of exclusion takes a large part of it. However, the penal theory presents it, on the contrary, as an effort to tear the humanity out of the archaic game of vindication. On the contrary, relying on recent anthropological works, the author suggests visualizing both the vindictive and penal spheres as two forms of legality equally regulated, of which the most exclusionary is the latter. But since nothing is simple in this game of law and exclusion, the author searchs next to verify the affirmation in examining the contemporary operations of penal law -- the creation of incrimination and its application. By demonstrating different scenarios, the author finally achieves the demonstration of the complexity of the relation between law and exclusion and the impossibility of a too brief or a priori conclusion.

 


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