Volume
15, No. 2, 2000
Contents/Sommaire
Renisa
Mawani
In Between and Out of Place: Racial Hybridity, Liquor, and the
Law in Late 19th and Early 20th Century British Columbia
Abstract
This article explores and questions the colonial anxieties that
mixed-race progeny of European and Aboriginal ancestry posed to
government and religious officials in late 19th and early 20th century
British Columbia.
Drawing
from federal, provincial, and local correspondence, missionary documents,
legal statutes, and various court records detailing provincial and federal
liquor infractions, I examine the social, legal, and political debates
about racially-mixed peoples and their "proper" place in the province.
Pervasive fears about mixed-race peoples, I contend, were not merely
symbolic or metaphorical but were deeply imbricated in material concerns
about land. Specifically, federal and provincial authorities argued
that race-mixing in British Columbia potentially undermined their efforts
to appropriate Indigenous lands and to build the province into a "respectable"
white settler society. Throughout this period, mixed-blood peoples elicited
a penetrating colonial gaze from government administrators and missionaries
alike. Although authorities relied on a variety of spatial and legal
techniques to govern racially-mixed peoples, I suggest that liquor prohibitions
at both the federal and provincial levels were integral to keeping mixed-race
peoples in their place: or rather, "out of place."
Résumé
Cet article explore et interroge les angoisses coloniales que souleva
la progéniture mixed, d'origine européenne et autochtone, chez les responsables
gouvernementaux et religieux à la fin du XIXe et au début du XXe siècle
en Colombie Britannique. M'appuyant sur des correspondances fédérales,
provinciales et locales, des documents de missionnaires, des lois et
des rapports judiciaires relatifs aux infractions provinciales et fédérales
liées à l'alcool, j'analyse les débats social, juridique et politique
entourant les gens d'origine mixed et leur « propre » place dans la
province. Je soutiens que les peurs envahissants les concernant ne furent
pas seulement symboliques ou méta-phoriques mais profondément enracinés
dans des craintes bien matérielles pour les terres. Ainsi, des autorités
fédérales et provinciales arguaient que la mixité en Colombie Britannique
minait leurs efforts d'approprier des terres autochtones et de bâtir
dans la province une société de colons blancs « respectable ». Pendant
toute cette période, les « sang-mêlés » furent l'objet de regards coloniaux
pénétrants, tant des administrateurs gouvernementaux que des missionnaires.
Bien que les autorités eurent recours à une variété de techniques spatiales
et légales pour gouverner les gens mixed, les prohibitions liées à l'alcool,
fédérales et provinciales, furent au cour de l'effort de les maintenir
à leur place - ou plutôt « out of place ».
Mona
Oikawa
Cartographies of Violence : Women, Memory, and the Subjects of the 'Internment'
Abstract
In 1942, 22,000 people of Japanese origin were expelled from their homes
in British Columbia and moved to numerous incarceration sites. The expulsion,
incarceration, dispossession, displacements, and deportations of Japanese
Canadians were accomplished through Canadian law. In this article, I
examine some of the spaces of incarceration and displacement produced
through the law and the systems of power mobilized through these carceral
spaces. I argue that in mapping out the spaces of the Internment, we
begin to see how the nation of Canada was made through racial exclusion
and processes of violence. As the spaces of incarceration and displacement
become visible, so too do the subjects of these laws and processes.
Their accounts of the incarcerations and displacements reveal the long-term
effects of the violence of the Internment.
Résumé
En 1942, 22 000 personnes d'origine japonaise furent expulsées de leur
demeure, en Colombie-Britannique, vers de nombreux camps d'internement.
L'expulsion, l'emprisonnement, la dépossession, l'éviction et la déportation
de ces Canado-Japonais eurent lieu légalement. Cet article examine quelques-unes
des zones d'incarcération et de transition créées conformément à ces
lois et les mécanismes de pouvoir qu'elles activèrent. En retraçant
la création de ces espaces d'enfermement, on constate le rôle de l'exclusion
raciale et des actes de violence dans la constitution de la nation canadienne,
et on découvre les conditions des personnes soumises aux lois et procédures
évoquées. Leurs récits révèlent les conséquences à long terme de la
violence des internements.
Carol
Schick
Keeping the Ivory Tower White : Discourses of Racial Domination
Abstract
Designations of space and place are significant to the history and formation
of Canada as a white-identified country. Particular places discussed
in this paper are public education and post-secondary schooling, which,
as regulators of public spaces, act as indicators of belonging in the
production of students' identities. White students in this study need
the university for its credentialing function and for its training in
ideological processes of their "becoming a teacher." Their production
as legitimate citizens and teachers is authorized by requirements of
the institution in which they learn to "manage" cross-cultural relations.
Maintaining the status of elite sites requires surveillance of knowledge
production with respect to hierarchies of race, class, and gender. Elite
social relations also designate which identifications and knowledges
will be considered rational and legitimate. In the research on which
this paper reports, white-identified pre-service education participants
depend on the racial hierarchies of elite educational spaces to secure
their own respectability among the white-dominated profession of teaching.
It is a respectability which their whiteness both requires and affords.
Résumé
La manière de désigner les espaces et les places est significatif dans
l'histoire et la formation du Canada comme pays identifié blanc. Dans
cet article, les espaces de l'éducation publique post-secondaire sont
analysés comme indicateurs d'appartenance dans la production identitaire
des étudiants. Les étudiants blancs de cette recherche ont besoin de
la fonction légitimante de l'université tout autant que des processus
idéologiques de sa formation pour « devenir des enseignants ». Les exigences
de l'institution d'apprendre à « gérer » les relations interculturelles
les autorisent à devenir des citoyens et des enseignants légitimes.
Maintenir le statut de sites d'élites demande de surveiller la production
du savoir en termes d'hiérarchies de race, de classe et de genre. Les
relations sociales de l'élite désignent également quelles identifications
et quelles connaissances seront considérées rationnelles et légitimes.
Dans l'enquête qui fonde cet article, des étudiants-enseignants identifiés
comme blancs dépendent des hiérarchies raciales d'espaces éducationnels
d'élite pour assurer leur propre respectabilité dans la profession d'enseignants
à domination blanche. C'est une respectabilité exigée et possible par
le fait qu'ils sont blancs.électronique.
Sherene
H. Razack
Gendered Racial Violence and Spatialized Justice : The Murder of Pamela
George
Résumé
En 1995, Pamela George a été brutalement assassinée par deux jeunes
athlètes universitaires de dix-huit ans. Les deux hommes condamnés pour
meurtre se virent infliger des peines légères pour leur crime. Dans
cet article, j'examine le meurtre de Pamela George comme un acte de
violence raciale sexuée faisant partie de la poursuite de la colonisation
des Autochtones. Je suggère qu'en tant que femme autochtone travaillant
dans un espace de prostitution, Pamela George représentait un corps
qui pouvait être violé impunément. Les hommes blancs respectables qui
s'aventurent temporairement dans une zone de dégénérescence pour s'engager
dans une rencontre avec une prostituée ne sont pas tenus responsables
de la violence qui se produit régulièrement dans les espaces et sur
le corps de l'Autre. La relation entre les corps, l'espace et la justice,
où les zones habitées par l'Autre racialisé ainsi que celles de prostitution
(souvent l'une étant l'autre) sont considérées comme des espaces où
la justice universelle n'opère pas, suggère que cette violence reste
invisible devant la loi. Ses caractéristiques, son rôle dans la constitution
de l'homme blanc et des sociétés de colonisateurs blancs, indiquent
pourquoi la violence persiste et pourquoi elle est niée par le droit
de façon constante. Les processus de création d'identité décrits sont
essentiels à la colonisation et, dans ce cas, à celle des Autochtones
du Canada.
Abstract
In 1995, Pamela George was brutally murdered by two young university
athletes. The men were convicted of manslaughter and given light sentences.
In this article, I examine the murder of Pamela George as gendered racial
violence and continuing colonization of Aboriginal peoples. I suggest
that as an Aboriginal woman working in the space of prostitution, Pamela
George represented a body that could be violated with impunity. Respectable
white men who journey temporarily into the zone of degeneracy to engage
in an encounter in prostitution are not held accountable for violence
that occurs so routinely in the spaces and on the bodies of the Other.
Further, this relationship between bodies, space, and justice, in which
zones inhabited by racial Others as well as zones of prostitution (often
one and the same) are considered to be spaces in which universal justice
does not operate, suggests how the violence remains invisible in the
law. The constitutive features of this violence, its role in making
white men and white settler societies, suggest why it keeps on happening
and is so consistently denied in law. The identity making processes
I describe are vital to colonization and, in this case, specifically
to the colonization of Aboriginal peoples in Canada.
Sheila
Dawn Gill
The Unspeakability of Racism : Mapping Law's Complicity in Manitoba's
Racialized Spaces
Abstract
This paper is about critical connections that the law obscures in a
liberal democratic, colonial context. It is about how law produces and
sustains a racial social order by ruling out of order and irrelevant
violent histories of Aboriginal dispossession. On November 1st, 1995
the Speaker of Manitoba's Legislative Assembly delivered a ruling that
defined the word 'racist' as "unparliamentary language." Thus, by means
of parliamentary law a Cree Member of the Opposition was silenced, and
ultimately expelled from the House. To explore the underbelly of Canadian
'universal' equality, and to underscore the systemic violence inherent
in Mr. Oscar Lathlin's legal eviction from the House, I engage in a
provincial counter - mapping which firmly reconnects the MLA to some
of the racialized spaces he was elected to represent. I illustrate how
the law produces racialized zones as well as subjects who are forced
to exist outside the protected bounds of 'equal' personhood. At the
same time, I point to the indispensable role of law in the making of
the moral, white subject: a subject who remains unobliged, even in the
face of deeply distressing evidence, to know him or herself as both
perpetrator and benefactor of contemporary colonial relations of dominance
in Canada.
Résumé
Cet article traite des connexions critiques que la loi occulte dans
un contexte libéral et colonial. Il analyse comment la loi, en déclarant
irrecevables et hors de propos les violents incidents qui ont jalonné
la dépossession des Autochtones, produit et maintient un ordre social
que je qualifierais de racial. Le 1er novembre 1995, le président de
l'Assemblée législative du Manitoba a décidé de bannir le mot « raciste
» du langage parlementaire. L'autorité parlementaire venait donc d'imposer
le silence à un membre Cri de l'opposition, qui a finalement été expulsé
de la Chambre. Dans mon analyse de ce qui sous-tend l'égalité « universelle
» au Canada, et dans le but de souligner la violence systémique inhérente
à l'éviction légale de M. Oscar Lathlin de la Chambre, j'entreprends
de redessiner les paramètres provinciaux de façon à « rebrancher » le
législateur à certaines zones « racialisées » qu'il a pour mandat de
représenter. Je montre en quoi la loi produit des zones et des sujets
racialisés qui sont forcés d'exister à l'extérieur des frontières protégées
de « l'égalité des personnes ». Parallèlement, je souligne le rôle indispensable
de la loi dans la fabrication du sujet moral, à la peau blanche : un
sujet qui n'est, en dépit des preuves navrantes d'une autre facette
de la réalité, nullement tenu de s'attribuer à la fois les méfaits et
les avantages des relations coloniales de domination qui ont cours au
Canada.
Jennifer
J. Nelson
The Space of Africville : Creating, Regulating, and Remembering
the Urban Slum
Abstract
The black community of Africville, in Halifax, Nova Scotia, was forcibly
dismantled in the 1960s under a program of 'urban renewal'. Residents
had long fought to have their claims to this space legally recognized,
as well as to improve the community with minimal services and safety
measures, such as water lines, sewage and police protection. This article
examines how the space of Africville was denied these services, constituted
as a 'slum', and in turn how this status was seen to justify its removal.
The land on which Africville stood, now a public park, remains a site
of contestation and commemoration. As yet, the city of Halifax has declined
demands for compensation and has legally maneuvered to silence resistance.
This essay's central aim is to demonstrate not only how the law, through
the City of Halifax, functioned as a regulatory measure to ensure a
series of evictions, but also the way in which these practices and consequences
can be remembered. In particular, it argues for a con-textualized legal
consideration of Africville's story which recognizes the complex interplay
of histories of poverty and racism with narratives of justice.
Résumé
La communauté noire d'Africville, à Halifax en Nouvelle-Écosse, a été
démantelée par la force durant les années 1960 en vertu d'un programme
de « rénovation urbaine ». Cela faisait longtemps que les gens de cet
endroit demandaient une reconnaissance juridique de leur collectivité
et de meilleurs services communautaires et services de sécurité, comme
des canalisations d'eau et d'égout, et une protection policière. Cet
article examine de quelle façon la localité d'Africville a été privée
des services en question et est devenue un bidonville, et aussi comment
on s'est servi d'une telle situation pour justifier son élimination.
La localité qui était autrefois Africville a été transformée en un parc
public, mais elle reste un sujet de contestation et de commémoration.
La ville de Halifax a toujours rejeté les demandes d'indemnisations
et a utilisé des manouvres juridiques pour faire taire la résistance.
Ce texte cherche à montrer de quelle façon la ville de Halifax a utilisé
son pouvoir de réglementation pour déloger des gens. Il montre aussi
comment nous pouvons nous souvenir de ces pratiques et de leurs conséquences.
Il fait surtout valoir le besoin de con-textualiser juridiquement l'histoire
d'Africville, compte tenu de l'interaction complexe entre la pauvreté,
le racisme, et les narrations sur la justice.
Sheryl Nestel
Delivering Subjects : Race, Space and the Emergence of Legalized Midwifery
in Ontario
Résumé
Cet article décrit la pratique du «tourisme de la profession de sage-femme»
par laquelle, les sages-femmes en Ontario ont fait des stages dans des
cliniques de maternité de pays du Tiers-monde en vue d'obtenir l'expérience
clinique qu'elles ne pouvaient pas obtenir ici avant la légalisation
de la profession dans la province. Plusieurs sages-femmes ont aussi
pu mieux se faire reconnaître sur le plan professionnel pour leurs connaissances
directes des méthodes obstétriques utilisées par les femmes du Tiers-monde,
c'est-à-dire par des femmes qui, selon une mythologie soutenue dans
le mouvement pour l'accouchement naturel, posséderaient, en ce qui concerne
les accouchements, des connaissances féminines innées qui n'auraient
pas encore été corrompues par les pratiques médicales des pays de l'Ouest.
L'émergence nouvelle de la profession de sage-femme en Amérique du Nord
est un exemple convaincant de la manière dont, par des affirmations
épistémologiques sur l'identité partagée des femmes, les régions du
Tiers-monde et les personnes qui les occupent en sont venues à constituer
un produit de consommation et de progrès social pour les femmes des
pays industrialisés.
Abstract
While widely regarded as a victory of grassroots feminist organizing
and as part of the ongoing struggle for gender equity and female reproductive
autonomy, the movement to legalize midwifery in Ontario has, in fact,
derived considerable benefit from hierarchical rather than equal relations
among women. This article describes the practice of "midwifery tourism"
whereby Ontario midwives traveled to "Third World" maternity clinics
in order to obtain clinical experience unavailable to them in the period
that preceded the legalization of the profession in the province. Many
traveled in order to garner the requisite number of births for participation
in provincial programs designed to integrate practicing midwives into
the health care system. In addition to this very quantifiable benefit,
midwives were also able to enhance their professional prominence through
a claim to first-hand knowledge of the birth practices of "Third World"
women, a group mythologized within natural childbirth discourse as possessing
innate feminine birthing knowledge as yet uncorrupted by Western medical
practices. The re-emergence of midwifery in North America provides a
cogent example of how, through epistemological claims about women's
shared identity, "Third World" space, and those who occupy it, come
to constitute a commodity for first world women's consumption and social
advancement.
Book
Reviews / Comptes rendus
Gerald
E. Frug
City Making. Building Communities Without Building Walls
- Claude Thomasset
Nicholas
R. Fyfe (ed.)
Images of the Street. Planning, Identity, and Control in Public Space
- Hijin Park
Ruth
Butler and Hester Parr (eds.)
Mind and Body Spaces. Geographies of Illness, Impairment, and Disability
- Sheila Dawn Gill
Matthew
H. Sommer
Sex, Law, and Society in Late Imperial China
- Fabien Simonis
Hervé
Guillorel et Geneviève Koubi (dir.)
Langues et droits. Langues du droit, droit des langues
- Louis-Jacques Dorais
Book Notes/Parutions récentes
Eric.
A. Feldman
The Ritual of Rights in Japan. Law, Society, and Health Policy
Laura Jones (ed.)
Safe Enough? Managing Risk and Regulation
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