Volume 61, No. 1, September / septembre 2004
Research with Second Language Readers: New Directions /La Recherche en lecture en langue seconde : nouvelles tendances
Editors / Rédactrices : Patricia M. Raymond and/et
Claudette Cormaire

Editorial / Éditorial

Articles

Sharon J. MacCoubrey, Lesly Wade-Woolley, Don Klinger and John R. Kirby
Early Identification of At-Risk Readers in a Second Language

Doreen Bayliss and Patricia Raymond
The Link between Academic Success and L2 Proficiency in the Context of Two Professional Programs

Janet Donin, Barbara Graves, and Els Goyette
Second Language Text Comprehension: Processing within a Multilayered System

Louise Morrison
Comprehension Monitoring in First and Second Language Reading

Hossein Nassaji
The Relationship between Depth of Vocabulary Knowledge and L2 Learners’ Lexical Inferencing Strategy Use and Success

Carol A. Fraser
L’aisance de lecture en matière de langue seconde

A Guide for Authors / Guide à l'intention des auteurs


Abstracts/Résumés

Sharon J. MacCoubrey, Lesly Wade-Woolley, Don Klinger, and John R. Kirby Early Identification of At-Risk Readers in a Second Language

The present study examined which measures best identify English-speaking French immersion (FI) students at risk of future reading difficulties in French and English. Using reading scores taken in both languages at the end of Grade 1 and beginning of Grade 2, typical and poor reader groups were identified. Measures taken at the beginning of Grade 1 in tasks evaluating phonological abilities in English were used to determine group membership. Predictive discriminant analysis showed that performance on phoneme blending and sound isolation tasks identified poor and typical readers in English, while phoneme blending, sound isolation, and Rapid Naming identified poor and typical readers in French. These results can be used to identify new cases for the purpose of early reading interventions.

L’étude visait à examiner les variables qui permettent de repérer dans un programme d’immersion en français, les élèves susceptibles d’éprouver ultérieurement des difficultés en lecture en anglais et en français. Sur la base des scores de lectures obtenus dans les deux langues, à la fin de la première année et au début de la deuxième, un groupe de lecteurs moyens et un groupe de lecteurs faibles ont été formés. Les données recueillies au début de la première année dans des tâches évaluant les habiletés phonologiques en anglais ont été utilisées afin de déterminer l’appartenance à l’un ou l’autre des groupes. Des analyses discriminatoires, prédictives ont montré que les tâches de concaténation de phonèmes, d’isolement de sons ainsi que d’identification lexicale rapide permettaient de distinguer ces deux groupes. Ces résultants pourraient servir à repérer certains élèves auprès desquels il faudrait intervenir sans tarder.

Doreen Bayliss and Patricia Raymond
The Link between Academic Success and L2 Proficiency in the Context of Two Professional Programs

This article reports on two studies conducted at the same university, one investigating the link between ESL scores on an advanced ESL test and the grade point average (GPA) obtained over two semesters and the other investigating the link between French second language (FSL) scores on an advanced L2 test and both the number of courses failed and the first semester GPA. Graham’s (1987) review of the literature pointed out the problems associated with research that attempts to delineate the relationship between language proficiency and academic performance, including the nature of the measures used to define L2 proficiency; the definition of academic success, especially when the GPA reported may be based on unequal numbers of courses or on dissimilar courses; and the possible influence of other variables in determining academic success. Language proficiency in our two studies consisted of measures of listening (FSL only), reading comprehension, and writing ability based on communicative principles previously validated in other work. The participants in the ESL study were 34 overseas Chinese students who had all participated in a pre-study English for Academic Purposes (EAP) program and were subsequently enrolled in a Master of Business Administration (MBA) program, where they were tracked for 18 months. Those in the French study were Canadian L1 and L2 French speakers (N = 100, N = 36) enrolled in a three-year program in civil law. In both programs, all students took the same courses. In the ESL study, other data were obtained from interviews with professors and students, a questionnaire on reading practices, and final exam marks. In the FSL study, comparisons were made between L1 and L2 profiles on the measures outlined above and the students’ incoming college grades. From these data it has been possible to provide more complete answers regarding the relationship of language proficiency to academic success than was possible in much previous work.

Cet article présente les conclusions de deux études réalisées dans la même université, l’une portant sur le lien entre les scores en anglais langue seconde (ALS) obtenus à un test de niveau avancé ainsi que la moyenne pondérée cumulative (MPC) calculée sur deux semestres, l’autre portant, à la fois sur le lien entre les notes en français langue seconde (FLS) obtenues à un test de langue seconde de niveau avancé, le nombre de cours auxquels les étudiants ont échoué et la moyenne pondérée cumulative obtenue au cours du premier semestre. La recension des écrits faite par Graham (1987) a mis en lumière certains problèmes que cette recherche tente d’élucider. Plus précisément, le rapport qui existe entre compétence linguistique, rendement scolaire et les éléments suivants: le type de mesures servant àétablir la compétence en langue seconde, la définition de la réussite dans lesétudes, en particulier lorsque la moyenne pondérée cumulative est calculée à partir d’un nombre inégal de cours ou des cours différents, et enfin l’influence possible d’autres variables utilisées pour déterminer le niveau de réussite dans les études. Dans les deux études qui nous concernent, la compétence linguistique consistait à évaluer l’écoute (uniquement en FLS), la compréhension de texte et l’aptitude à écrire, mesures fondées sur des principes communicatifs validés dans des travaux antérieurs. L’étude en anglais langue seconde portait sur 34 étudiants chinois d’outre-mer, qui avaient tous participéà un programme préparatoire en anglais à des fins universitaires et s’étaient inscrits par la suite à un programme de maîtrise en gestion des affaires (MBA), ce dernier portant sur une période de 18 mois. Les participants à l’étude en français étaient des Canadiens dont le français était la première ou la deuxième langue (N = 100, N = 36), inscrits à un programme de trois ans en droit civil. Dans ces programmes respectifs, tous les étudiants suivaient les mêmes cours. Dans l’étude en anglais, d’autres données ont été obtenues à partir d’entrevues auprès de professeurs et d’étudiants, d’un questionnaire sur les pratiques de lecture, et des notes obtenues aux examens finals. Dans l’étude en français langue seconde, une comparaison a été établie entre le profil des mesures en L1 et L2 décrites ci-dessus et les notes d’admission au niveau collégial. Grâce à ces données, il a été possible de recueillir des informations plus complètes (en référence aux études antérieures) sur la relation qui existe entre la compétence linguistique et le succès scolaire.

Janet Donin, Barbara Graves, and Els Goyette
Second Language Text Comprehension: Processing within a Multilayered System

The results of a within-subject cross-language study of text comprehension in adult second language (L2) learners are presented. Text comprehension and sentence reading time measures were obtained for matched narrative and procedural texts in English and French from adult learners of French as a second language (FSL) at two levels of French proficiency. The language of the text and readers’ L2 proficiency affected reading times, while text type did not. The recall data, however, were more complex. In general, the participants recalled more information from the texts they read in English and more information from the descriptive narrative texts than from the procedural texts. Analyses of the recall performance suggest that, while linguistic proficiency may limit the representation that an individual can construct of a text, the constructed representation reflects the individual’s conceptual base as well as strategic processing. These results are consistent with a multilevel model of text comprehension.

On présente les résultats d’une étude conduite auprès d’apprenants adultes en français langue seconde (deux niveaux de compétence) qui lisaient des textes (narratifs et informatifs) appareillés en anglais et en français. On a évalué la compréhension des textes et mesuré la vitesse de lecture des phrases. La forme du texte (les aspects linguistiques) ainsi que la compétence des lecteurs en langue seconde ont exercé un effet négatif sur la vitesse de lecture, alors que le type de texte n’a eu aucune incidence. Les données sur la mémorisation, en revanche, ont été plus complexes. Les participants se souvenaient en général d’une plus grande quantité d’informations sur les textes qu’ils avaient lu en anglais surtout en ce qui a trait aux textes narratifs. Les analyses se rapportant à la mémorisation montrent que, s’il est possible que la compétence linguistique limite la représentation mentale du texte que peut construire l’individu, cette dernière reflète malgré tout ses connaissances, de même que sa stratégie de traitement de l’information. Ces résultats concordent avec un modèle à plusieurs niveaux de compréhension de texte.

Louise Morrison
Comprehension Monitoring in First and Second Language Reading

This paper reports the results of a cross-lingual study on the role of comprehension monitoring in L1 (English) and L2 (French) reading proficiency. Fifty-two undergraduate students from two FSL backgrounds, French immersion (FI) and core French (CF), were given reading comprehension tests as well a monitoring task in both languages. Results showed that successful monitoring, as measured by error detection performance at the discourse and propositional levels, transfers across languages, and that monitoring performance is highly correlated with reading proficiency in both languages. Though students with a FI background performed significantly better at L2 propositional-level monitoring, there was no difference between the FI and CF students in any other aspect of the monitoring tasks. Finally, with respect to the variables that best predicted L2 reading comprehension, there appeared to be important differences between the FI and CF students who participated in this study.

Dans cet article, l’auteure présente les résultats d’uneétude sur le rôle joué par l’activité de gestion de la compréhension en anglais et en français. On a donné à 52 étudiants de premier cycle, possédant un baggage différent en français langue seconde (immersion française et français de base), des tests de compréhension en lecture ainsi qu’une tâche d’activité de gestion dans les deux langues. Les résultats ont montré qu’une activité de gestion efficace, telle que mesurée par la performance en détection des erreurs aux niveaux textuel et propositionnel, peut être transférée d’une langue à l’autre, et que cette activité est fortement corrélée avec la maîtrise en lecture dans les deux langues. Malgré le fait que les étudiants en immersion française réussissaient nettement mieux dans l’activité de gestion au niveau propositionnel en langue seconde, on n’a perçu aucune différence entre les étudiants d’immersion française et ceux appartenant au programme de français de base dans les autres aspects des tâches de l’activité de gestion. Finalement, en ce qui concerne les variables qui prédisent le mieux la compréhension en lecture en langue seconde, il semblait y avoir de grandes différences entre les étudiants d’immersion française et ceux de français de base qui ont participé à l’étude.

Hossein Nassaji
The Relationship between Depth of Vocabulary Knowledge and L2 Learners' Lexical Inferencing Strategy Use and Success

This study examines the relationship between ESL learners’ depth of vocabulary knowledge, their lexical inferencing strategy use, and their success in deriving word meaning from context. Participants read a passage containing 10 unknown words and attempted to derive the meanings of the unknown words from context. Introspective think-aloud protocols were used to discover the degree and types of inferencing strategies learners used. The Word-Associate Test (WAT) (Read, 1993) was used to measure the learner’s depth of vocabulary knowledge. Results indicate a significant relationship between depth of vocabulary knowledge and the degree and type of strategy use and success. They reveal that (a) those who had stronger depth of vocabulary knowledge used certain strategies more frequently than those who had weaker depth of vocabulary knowledge; (b) the stronger students made more effective use of certain types of lexical inferencing strategies than their weaker counterparts; and (c) depth of vocabulary knowledge made a significant contribution to inferential success over and above the contribution made by the learner’s degree of strategy use. These findings provide empirical support for the centrality of depth of vocabulary knowledge in lexical inferencing and the hypothesis that lexical inferencing is a meaning construction process that is significantly influenced by the richness of the learner’s pre-existing semantic system.

Cette étude se penche sur le rapport entre le niveau de connaissance du vocabulaire d’apprenants en anglais langue seconde, l’utilisation de stratégies d’inférences lexicales et le succès des apprenants à déchiffrerla signification de mots à partir du contexte. Les participants ont lu un extrait renfermant 10 mots inconnus et ont cherché à en découvrir le sens en se servant du contexte. On a eu recours aux protocoles d’introspection verbaux afin de déterminer la quantité et le genre de stratégies d’inférence
utilisées par les apprenants. Le test d’association de mots WAT (Read, 1993) aété utilisé pour mesurer le niveau de profondeur du vocabulaire. Les résultats ont révélé une corrélation significative entre ce dernier ainsi que la quantité et la variété de stratégies utilisées avec succès. On a trouvé, en particulier, que (a) les individus qui étaient plus compétents en matière de vocabulaire (profondeur) se servaient plus fréquemment de certaines stratégies que les moins compétents; (b) les étudiants plus forts utilisaient plus efficacement certains types de stratégies d’inférences lexicales que les plus faibles; (c) le niveau de connaissance du vocabulaire (profondeur) contribuait largement au succès des inférences, et ce, de façon plus significative que le degré d’utilisation des stratégies par l’apprenant. Ces conclusions confirment le rôle primordial joué par le vocabulaire (profondeur) dans la mise en oeuvre d’inférences lexicales nettement influencées par la richesse du système sémantique préexistant de l’apprenant.

Carol A. Fraser
L'aisance de lecture en matière de langue seconde

Cet article présente une recension des écrits (théorie et recherches) portant sur la facilité en lecture. Les questions étudiées re- groupent : les variations de la vitesse de lecture selon le processus de lecture, le rôle et le développement de la vitesse de lecture dans les modèles de lecture actuels (tels que le modèle du traitement de l’information, de l’efficacité verbale et les modèles de traitement parallèle et distribué), ainsi que les facteurs contribuant à un traitement inefficace de l’information et à des vitesses de lecture réduites parmi les lecteurs de langue seconde (L2). L’auteur examine les implications pédagogiques s’inscrivant à l’intérieur de ce cadre théorique et décrit des activités particulièrement prometteuses pour développer la facilité de lecture chez les apprenants de L2 (activités telles que lecture répétée, lecture prosodique et lecture par syntagmes), et pour favoriser l’épanouissement de cette aptitude (à l’aide, par exemple, de la prévisualisation et du procédé d’analyse de mots).

This article reviews theory and research in the area of fluency in reading. Issues examined include variations in reading rate according to reading process; the role and development of rate in current models of reading (i.e., information processing, verbal efficiency, and PDP models); and factors contributing to inefficient processing and slower reading rates among L2 readers. In light of this theoretical framework, instructional implications are drawn and specific instructional activities that show promise to develop L2 reader fluency (i.e., repeated reading, prosodic reading, phrase group reading) and facilitate the fluent reading of L2 text (i.e., previewing, word analysis procedure) are described.

The English version of this text is available at http://www.utpjournals.com/product/cmlr/611/fraser.htm.
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